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Une éducation mal à l’aise

jeudi 30 août 2007, par Picospin

Alors que les syndicats se rencontrent aujourd’hui pour discuter d’une éventuelle mobilisation, le ministre a annoncé la création d’un comité chargé de réfléchir à l’évolution du métier d’enseignant. Présidé par un conseiller d’État, il sera placé sous « l’autorité morale » de Michel Rocard et accueillera plus tard d’autres personnalités. Les membres du comité se pencheront notamment sur l’évolution des carrières, les salaires et le temps de travail. Bref, selon les mots du ministre, des profs « moins nombreux, mais mieux payés ». « Ils doivent pouvoir travailler plus pour gagner plus », insiste Xavier Darcos, qui veut par ailleurs leur offrir la gratuité d’accès aux monuments et musées nationaux pour occuper leurs loisirs.

Etudes surveillées

Des études surveillées seront proposées après la Toussaint aux élèves des collèges des zones d’éducation prioritaire, soit 20 % des établissements. Le temps consacré à la pratique sportive au primaire est inférieur d’une heure, en moyenne, à celui qui est prévu par les textes. « Je veux rendre aux élèves cette heure qui leur est due », assure le ministre. De même, l’éducation culturelle et artistique va entrer dans le programme du collège avec un « cursus d’enseignement de l’histoire des arts », indique Xavier Darcos, qui prône des « partenariats » entre collèges et institutions culturelles. Les écoles primaires seront mises en réseau sous l’autorité d’« un vrai chef d’établissement », qui « mutualise les moyens ». Ce serait une façon de régler le statut ambigu des directeurs d’école qui se trouvent aujourd’hui sans réel pouvoir.

France seule ou non ?

Les problèmes de la gestion du personnel de l’Education Nationale ne sont pas spécifiques à la France. Ils se manifestent aussi de façon aigue aux Etats-Unis où le départ de milliers de maîtres issu du baby boom et celui des enseignants qui travaillent dans des conditions frustrantes dans des écoles où le niveau est particulièrement bas et alimente une crise dans le recrutement de ce personnel. A un moment où les administrateurs se démènent pour remplir les places des enseignants manquants dans les écoles lors de l’arrivée de l’automne, cette crise est particulièrement visible dans le domaine des mathématiques et des sciences dans les écoles où la population des élèves est très pauvre. Des milliers de classes ont ainsi fait leur rentrée avec des remplaçants ces dernières années. Les employés chargés du recrutement ont été miss dans des situations si critiques qu’ils se sont trouvé dans l’obligation d’offrir des primes particulièrement élevées pour enseigner des matières sensibles comme l’algèbre.

Algèbre ?

C’est au point que certaines classes ne disposaient d’aucun professeur certifié dans cette spécialité. La situation se détériore au point que des offres d’incitations à occuper les postes vacants ont été faites à un niveau très élevé pour être en mesure de recruter le personnel enseignant en quantité suffisante. Les offres sont allées plus loin dans la mesure à celles déjà présentes précédemment, on a du ajouter des incitations à occuper les postes qui ont trait au possibilités de logement. Comme ces mesures sont insuffisantes, les incitations pour le recrutement se sont élevées au niveau nécessaire et suffisant pour permettre aux candidats ainsi recrutés de couvrir les frais d’enseignement jusqu’au niveau du master. La situation est encore pire en Californie qu’elle n’est à New York et encore plus difficile dans des états comme celui du Texas ou du Kansas où les compensations pour le recrutement des enseignants est stimulé par des surprimes exceptionnelles. Cette foire au recrutement des maîtres est très coûteuse car elle doit couvrir tous les besoins de recrutement, de formation et d’engagement. Les démographes qui se sont précipités pour étudier cette question sont tous d’accord pour penser que cette situation constitue un des domaines les plus ardus pour combler les lacunes créées par le départ massif des baby boomers.

Beaucoup de départs et peu d’arrivées

La situation a encore empiré du fait du départ prématuré de milliers d’enseignants qui ont voulu devancer cet appel à la retraite. D’autres insistent sur le fait que le problème principal ne réside pas dans les difficultés financières ou les départs massifs à la retraite mais dans la métaphore d’un sceau dont le fond serait criblé de trous et dans lesquels nous continuerions à verser des professeurs. Cette circulation à une cadence effrénée des personnels dans des secteurs pauvres rend la situation particulièrement dramatique car c’est dans ces quartiers que les besoins sont les plus importants. C’est ainsi que le dernier recensement a montré que chaque année près de 9% des instituteurs quittent leur poste pour poursuivre une autre carrière ou simplement parce qu’ils sont mécontents de leurs conditions de travail. La tension est telle que, du fait du manque criant de personnel qualifié, les agents recrutés ne sont pas adaptés aux tâches requises d’autant plus que certains occupent des postes sans avoir eu la possibilité de la moindre entrevue avec les agents recruteurs. Dans cette crise, il ne faut surtout pas voir une conspiration d’une dessein malicieux mais plutôt une conspiration d’un dysfonctionnement chronique du au fait que les personnes les plus qualifiées ont été déjà engagés après que les organismes les mieux organisés ont déjà sélectionné leurs propres collaborateurs.

Renouveau

C’est le moment choisi par le Président de la République Française pour proposer à une autre personnalité de l’ancienne gauche de présider une concertation sur la revalorisation du métier d’enseignant. De ce fait, cette initiative constitue un nouveau succès pour le pouvoir actuel de recruter une ancienne personnalité de gauche dans l’équipe dirigeante actuelle. Elle s’adresse certes à une personne déjà âgée qui vient d’être victime d’un accident vasculaire cérébral qui, fort heureusement n’a pas laissé de traces évidentes jusqu’ici. Bien plus, cette initiative est de nature à procurer au patient convalescent un motif de satisfaction personnelle et une occasion d’accélérer sa guérison par la réalisation potentielle d’un objectif susceptible de mobiliser l’intelligence, l’invention et l’imagination pour faire sortir de l’ornière des méthodes d’enseignement encore inefficaces nécessitant de ce fait un renouvellement, une rénovation et des transformations. Le nouveau pressenti aura la lourde tâche de faire oublier les suppressions de poste de la fonction publique, déficit qui cherche sa compensation dans de meilleures conditions financières des salariés et une revalorisation substantielle du pouvoir d’achat. La formule chère au candidat à la Présidence de la République et confirmée par l’heureux élu sera pleinement appliquée à cette occasion, dans une atmosphère d’urgence.

Déception ?

Cette dernière fait suite aux conclusions fort négatives et pessimistes des évaluateurs de l’éducation nationale siégeant au sein du Haut Conseil de l’Education et qui ont vu dans leur activité de graves lacunes de fonctionnement. Il s’agit en particulier des résultats catastrophiques obtenus par les jeunes élèves au niveau de l’enseignement primaire. Un pourcentage non négligeable d’entre eux sort de ce cycle de formation avec un bagage limité, des carences graves faites surtout de difficultés de compréhension des textes, des énoncés et une impossibilité de résoudre des problèmes de calcul ou de mathématiques simples. En fonction de ces résultats, l’éducation doit obtenir la maîtrise des apprentissages fondamentaux, et organiser au travers de partenariats avec les acteurs locaux du monde sportif et artistique une véritable éducation culturelle et artistique.

Ethique :

Le pari est donc double :
1. travailler plus pour gagner plus
2. Diminuer le nombre d’enseignants tout en enseignant davantage
3. diminuer les moyens et en compenser la réduction tout en acceptant de recevoir un nombre élevé de candidats aux inscriptions dans les institutions privées

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