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Un renversement de situation digne du cinéma hollywoodien

Une étrange issue

Qu’en penser ?

vendredi 1er juillet 2011, par Picospin

Au point que la méfiance règne dans les milieux officiels qui s’en veulent sans doute d’avoir fustigé nos deux otages pour une imprudence dont la preuve a du mal a être démontrée.

Affaire DSK Nouvelle Edition

Réactions "vives" et mal maitrisées

Par contre, certaines réactions sont à ce point immédiates qu’elles se déplacent à la vitesse de la lumière plus qu’à celle du son comme la minuscule tentative d’agression du Président lors de son déplacement hebdomadaire pour le bain de foule nécessaire à la propreté politique, mesure d’hygiène indispensable pour tout membre de cette confrérie qui s’y trempe régulièrement. Dans cette configuration, la traduction devant un tribunal est instantanée, se solde par une accusation et un jugement immédiats sans laisser le moindre doute sur son issue devant le peuple médusé d’avoir assisté à une intervention aussi rapide. Il paraît que les divers acteurs des interventions dans le pays montagneux où poussent à foison les racines des héros au lieu de celles de l’héroïne préfèrent actuellement garder un peu de silence à la suite de discours intempestifs dirigés contre les otages plus souvent que contre leurs preneurs. Ces derniers paraissent avoir acquis un peu de sagesse dans l’aventure pakistano afghane puisque la négociation n’y est pas exclue ce qui laisse entrouverte une porte une porte pour des solutions moins meurtrières que le combat à l’arme lourde.

Concordance des temps ou des voix ?

Des voix concordantes, de milieux différents sinon opposés se sont faites entendre au milieu des combats pour dénoncer la soif excessive de reporters qui n’auraient eu ni foi ni loi pour rapporter au peuple la vérité des conflits, la dureté des combats et les subtilités tactiques nécessaires à débusquer les dessous des échanges, les secrets de accords et les prix des vies humaines. Nicolas Sarkozy ne leur a pas volé la vedette. « Le président de la République est resté étonnement discret jeudi 30 juin lors de la cérémonie d’accueil d’Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier sur le tamac de la base de Villacoublay. Présent avec son épouse à la descente du "falcon" blanc immaculé qui les ramenait d’Afghanistan, Nicolas Sarkozy s’est contenté d’une poignée de main et d’un petit mot. Dans cette critique sur la perspicacité de journalistes et de politiques fiers de leur conscience professionnelle, d’autres n’étaient pas en reste puisque des proches du pouvoir ont dénoncé successivement la responsabilité des chaines de télévision, des organes d’information et surtout du journalisme. Il est accusé de prendre trop de risques et de prendre en otage les sauveteurs éventuels liés par un pacte de solidarité et de devoir avec les imprudents à sauver, à tirer d’un mauvais pas qu’ils ont cru devoir assumer pour on ne sait quelle conception de jusqu’auboutisme.

Mettre à l’épreuve

Cette attitude entraine de facto la mise à l’épreuve de sauveteurs dont la vie risque d’être menacée par le comportement « irresponsable » de quelques individus. Ces derniers placent leur propre héroïsme au-dessus de la responsabilité de la société contrainte de les tirer d’un mauvais pas au prix du sacrifice de sauveteurs, acculés moralement à prendre des risques insensés et à engager des dépenses excessives pour le délire de quelques apprentis sorciers. Cette attitude est à rapprocher de celle d’alpinistes inconscients sortant par prévisions de tempête de neige ou orages ou de skieurs s’engageant inconsidérément dans des descentes hors piste puis victimes d’avalanches. Quoiqu’il en soit, le monde politique vient d’être retourné comme un crêpe par les diverses allégations des deux parties dans le procès de DSK dont les charges portées contre lui viennent de s’alléger subitement depuis la découverte simpliste que les être humains ne sont pas des saints, revêtus d’une chasuble angélique comme on le croyait au début de la soubrette accusatrice, autrefois recrutée par l’hôtel français du groupe Accor, sis à Manhattan.

Un mensonge en explique-t-il un autre ?

Le fait qu’elle aurait menti une fois, sinon plusieurs, est-il un argument quelconque en faveur de l’hypothèse de mensonges à perpétuité, même si des témoignages concordent en faveur de conversations téléphoniques entre la plaignante et un prisonnier accusé d’avoir déposé des sommes d’argent sur le compte de la femme de chambre dans les états de l’Arizona, de la Géorgie, de New York et le Pennsylvanie. Si l’accusation contre DSK par le Procureur « irréprochable » de New York a fait mention de délits multiples à l’encontre de ce dernier, la soubrette aurait déclaré à la police que sa demande d’asile aux Etats-Unis avait aussi été motivée par des mentions répétées d’un viol subi avant son arrivée aux USA d’autant plus grave qu’il aurait laissé des traces physiques par des mutilations génitales. La conclusion provisoire de cette affaire est parfaitement résumée par les commentaires d’officiels des deux bords lorsqu’ils affirment que cette affaire est plus que confuse. Le NYT qui vient de publier ces nouvelles depuis tôt ce matin, pense que ces révélations sont de nature à renforcer les positions de supporters de DSK qui accusent les autorités américaines de s’être laissé embarquer un peu trop vite dans la chasse aux sorcières.

Angélisme et diabolisation

Alors que la plaignante avait été considérée au début de l’affaire comme une employée modèle au-dessus de tout soupçon, DSK lui, était en même temps jugé comme un pestiféré au point d’avoir été rejeté par tout le voisinage de Manhattan, indigné et perturbé par la présence d’un homme aussi vilain qui risquait d’attirer par sa présence dans ce merveilleux quartier, des troubles graves, une atmosphère malsaine et généré des risques de contamination. Devant ces changements abrupts d’opinion et de comportement qui vont jusqu’aux excuses publiques de JL Debré pour s’être trop précipité dans l’accusation de maladie psychique envers son collègue, des positions sont en voie de révision, sinon de bouleversement.
Est-ce que les Américains imposeraient à leurs nations sœur un rythme de jeu trop rapide et trop élevé susceptible de conduire à des fautes de jugement, d’organisation et des retards de décisions ? En sport, cette vitesse d’exécution existe et devient un atout sérieux pour le gain de confrontations ou de matchs. Devait-on en conclure pour autant que cette caractéristique devenait aussi pertinente dans l’exercice de la justice ? Autrefois, Milan Kundera avait préconisé la lenteur dans un célèbre roman éponyme. Avait-il raison de vouloir ralentir le rythme du monde, de la rotation de la terre et de la précipitation des juges ?

Accélérations outrancières

On serait tenté de le croire à l’issue d’une histoire déplorable devenue en quelques heures une parodie de justice. Y avait-il quelqu’un quelque part pour actionner les leviers d’un mécanisme qui a bouleversé depuis quelques mois les rapports entre individus et société ne serait-ce que ceux si délicats, complexes et intriqués de la situation sociale des hommes et des femmes dans l’attribution des fonctions, des responsabilités et de leur gratification au sein de l’exercice de leur profession ?

Strauss-Kahn Case Seen as Near Collapse
By JIM DWYER, WILLIAM K. RASHBAUM and JOHN ELIGON
This article is by Jim Dwyer, William K. Rashbaum and John Eligon.