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A Barcelone, non loin de la Sagrada Familia

Une famille recomposée par des prouesses techniques

De la peinture à la technologie...

lundi 29 juin 2009, par Picospin

Celle-ci définit également le profil des personnes qui sont susceptibles d’avoir accès à l’AMP, l’encadrement des recherches autour de cette pratique, toutes mesures qui ont conduit à la création de « l’Agence de la Biomédecine, qui veille au respect de toutes ces dispositions et contrôle le développement de futures recherches. Les couples ne peuvent avoir recours à l’AMP, en France, que s’ils sont mariés, s’ils vivent ensemble depuis au moins 2 ans, que leur infertilité est reconnue et que la femme soit en âge de procréer.

Entretien psychologique préalable

Pour les AMP avec don, un entretien psychologique est obligatoire et le couple doit aussi consulter un notaire ou un juge pour donner son consentement, ce qui revient quasiment à reconnaître, par avance, l’enfant qui va naître. Les dons de gamète et d’embryon sont bénévoles et anonymes. Tout couple se lançant dans une procédure de fécondation in vitro est interrogé à propos du devenir des embryons surnuméraires au sujet de l’acceptation de la congélation embryonnaire ? Si la réponse est négative, le biologiste ne mettra en fécondation que 2 ou 3 ovocytes pour ne pas produire d’embryons surnuméraires. Si la réponse est oui, le couple s’engage à préciser chaque année, ce qu’il souhaite faire des embryons : les garder, les détruire, les donner à un autre couple ou les donner à la recherche. Si la majorité de ces enfants ne sait pas, ou ne se pose pas la question de ses origines, certains revendiquent le droit de savoir qui est l’homme ou la femme biologique qui a permis leur naissance. D’autres veulent rencontrer ce parent biologique, avoir une photographie ou encore connaître sa profession. Faut-il permettre aux enfants nés d’un don de gamètes de savoir qui est leur parent biologique ? Lever l’anonymat des donneurs et des donneuses pourrait compliquer les choses pour les donneurs et pour les couples. En général, les donneurs n’éprouvent pas le besoin d’entrer en contact avec l’enfant issu du don. La plupart des couples « receveurs », refusent, quant à eux, la perspective de la levée de l’anonymat, craignant une remise en cause de leur paternité ou de leur maternité.

Anonymat

Les récents débats au cours des forums de la bioéthique ont montré que la revendication par les receveurs et enfant nés à partir de cette opération consiste en majorité à accéder à la connaissance et à l’identification des géniteurs. Selon la loi, les femmes qui donnent leurs ovules pour aider des couples à avoir un enfant ne peuvent pas recevoir d’argent en échange de leur geste. La gratuité est indispensable selonlaloi. Le don d’ovules, impliquant un traitement hormonal, ainsi que de nombreux examens, procède d’une démarche longue, pénible, pouvant s présenter des risques. Pour ces raisons, une indemnisation des frais médicaux engagés est d’ores et déjà prévue. La rémunération du don d’ovules pourrait apparaître comme constituant un premier pas vers le commerce des ovules. Les femmes les plus pauvres et les plus vulnérables ne risquent-elles pas, dans ces conditions, d’être tentées de « donner » leurs ovules pour recevoir une contrepartie financière ? Le trafic d’ovules s’organise d’ailleurs déjà des pays les plus pauvres vers les pays les plus riches. il est strictement interdit en France, notamment pour des raisons éthiques, de porter un enfant pour un autre couple pour le lui remettre à la naissance. Cette interdiction repose sur les principes de respect de la personne et du corps humain. Toute forme d’arrangement passé entre un couple et une « mère porteuse » est considéré comme nul et non avenu et lourdement condamné.

Pour ou contre la gestation pour autrui ?

Les personnes qui défendent la gestation pour autrui avancent l’argument de la détresse des femmes qui, faute d’utérus, ne peuvent pas porter d’enfant. Les personnes opposées à la gestation pour autrui mettent en avant le fait que le développement de cette pratique risque d’ouvrir la voie à une marchandisation du corps. un centre médical espagnol a en effet proposé à une clinique située à Bagnolet de lui envoyer des candidats à la procréation médicalement assistée moyennant commission. « Nous offrons à nos partenaires internationaux des cycles de dons d’œufs pour 6 000 euros, avec un paiement de 500 euros aux cliniques nous adressant des patients », indique sans détour l’auteur de la missive, datée du 30 avril, qui se présente comme le responsable des relations internationales de l’établissement. Ce démarchage écrit marque une nouvelle étape dans le développement du marché de l’aide médicale à la procréation dans les pays européens aux législations plus laxistes que la France. Le Conseil national de l’ordre des médecins dénonce en effet un boom de ces procédés commerciaux, sans qu’il y en ait des traces écrites. Des praticiens exerçant en hôpital public comme dans des établissements privés ont reçu des propositions de collaboration de cliniques en Espagne, particulièrement à Barcelone, ou en Grèce ou en Ukraine pour des interruptions de grossesse, au-delà du délai de douze semaines, des dons d’ovocytes, des fécondations in vitro (FIV) et des gestations pour autrui. La clinique à l’origine de l’offre peut aussi être considérée comme fautive, mais comme elle est active en dehors du territoire français, la loi française ne lui est pas directement applicable.

De la loi à Picasso, Miro et Gaudi

Qui aurait pu penser que Barcelone, célèbre pour sa fondation Joan Miro, son musée Picasso, les œuvres de Antoni Gaudi, la Sagrada Familia et le club de football du Barça le deviendrait aussi par l’intermédiaire des actes dits médicaux réalisés dans le domaine de la procréation assistée pour touristes aisés. Cette activité pose plus de problèmes qu’elle n’en résout tant il existe de par le monde des couples de toute composition désireux de recevoir le don d’un enfant qui lui serait à jamais refusé par une législation trop sévère ou une technologie encore à l’essai et en cours d’évaluation.


A tout de suite le questionnement éthique sur l’AMP...