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Une gestion déplorable : un manquement à l’éthique ?

jeudi 27 septembre 2007, par Picospin

Le NYT rapporte les problèmes posés par les énormes failles récemment découvertes dans le management par l’agence chargée de récolter les bénéfices, droits, taxes dus par une société pétrolière au profit de l’état. Les dettes prolongées qui résultent de cette mauvaise gestion touchent une des sections qui rapporte le plus d’argent à l’état.

Des mots très durs

A ce propos, des termes vigoureux ont été prononcés comme ceux de détresse, de privations ou d’épreuve. Le cas des gestionnaires de cette agence est aggravé par les réponses qui ont été faites par leurs responsables. C’est ainsi qu’on leur a répondu que le terme d’épreuves semblait adapté à la situation parce que l’entreprise possédait beaucoup de liquidités. Le rapport ainsi remis au gouvernement était le plus récent résultat des investigations conduites par le programme fédéral pour collecter des fonds provenant des royalties provenant des échanges concernant l’essence et le gaz. Le dernier rapport n’a même pas fait allusion aux sommes qui ont été perdues du fait de cette gestion catastrophique. Des hauts fonctionnaires n’ont pas hésité à déclarer que du fait des ces fautes et erreurs, le gouvernement a sans doute perdu des sommes colossales.

Des pertes énormes ?

Cette perte est d’autant plus grave que les malversations effectuées étaient légales et simplement ignorées pendant une période de 6 ans. Les questions qui se posent à propos de la publication de ce nouveau rapport comportent les déclarations faites par les autorités confirmant que des personnalités officielles ont empêché toute démarche susceptible de récupérer l’argent des sociétés qui ont négligé le paiement des royalties à leur niveau réel puisqu’elles ont été négociées au-dessous de leur juste prix. Les commissaires aux comptes ont décidé de suivre une procédure inhabituelle contre les sociétés pétrolières en cause en invoquant une loi qui autorise les citoyens à poursuivre des sociétés qui ont triché envers les gouvernement et à recevoir une partie de l’argent ainsi récupéré. Des déclarations ont été rendues publiques affirmant que les poursuites engagées par les commissaires étaient le résultat d’un manque évident de connaissances ou encore qu’ils n’ont simplement pas été d’accord avec les conseils, les décisions des managers. Les représentants démocrates ont mis en avant la discussion sur les difficultés du Ministère de l’Intérieur qui n’a pas cessé d’être traîné dans la boue. Un membre du Comité des Ressources a déclaré que le programme concernant les royalties avait été défectueux depuis le début.

Plaintes

Deux plaintes provenant de deux commissaires aux comptes ont attiré l’attention parce qu’elles faisaient allusion aux exigences éventuelles d’obliger le Ministère de l’Intérieur d’établir ses propres calculs en utilisant ses propres moyens. Une telle épreuve serait extrêmement dure pour ce département. Les principaux responsables de ces bévues ont été rapidement rétrogradés dans leurs fonctions. Les personnes qui ont intenté une action en justice doivent, aux dires des fonctionnaires du Ministère, être provisoirement écartés de leurs postes car leurs plaintes risquent de constituer un conflit d’intérêt dans le cadre de leur activité habituelle. Ce qui n’a pas empêché l’Inspecteur Général de critiquer sévèrement l’attitude des fonctionnaires du Département qui a laissé les deux hommes attendre des mois sans leur prodiguer la moindre information sur leur sort et leur emploi et qualifiant d’inexcusable la manière dont ils ont été traités. Il a ajouté qu’il a d’ores et déjà initié une enquête sur des paiements effectués en faveur de Accenture, une société de conseils, pour leur système de renseignement plus que discutable.

Questionnement éthique :

1. Est-ce que l’éthique a un rôle à jouer dans une affaire de ce genre ?

2. A quel niveau pourrait-on impliquer des personnes, des fonctionnaires ou des hommes politiques dans des démarches de ce type ?

3. Est-ce que l’éthique ne pénètre pas plus souvent et plus profondément dans le monde du commerce comme le suggèrent les dénominations de commerce éthique ?

4. Comment peut-on définir les relations entre éthique, droit, commerce et négociations ?

5. Quelles seraient dans ces cas les acteurs ou les juges des actes éthiques ?

6. Quelles autorités auraient le droit ou le pouvoir de les désigner pour remplir ces tâches ?


Andrews EL. Inspector Finds Broad Failures in Oil Program. NYT. 26.09.07

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