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Est-ce l’oeil d’Abel qui regarde la culpabilité de l’occident ?

Une île désolée et désolante : Haïti

Où ont disparu les aides envoyées sur l’île devenue celle du malheur ?

dimanche 24 octobre 2010, par Picospin

Ces chiffres sont bien au-dessous de la réalité en raison de la l’insuffisante notification des cas, et des failles recensées dans les systèmes de surveillance, comme la définition d’un cas de choléra qui n’est pas la même partout et l’absence d’une terminologie normalisée. Uniquement au Bangladesh, le nombre estimé de cas de choléra survenant chaque année est compris entre 100.000 et 600.000. La durée d’incubation est courte, de l’ordre de un à cinq jours. Le bacille, vibrion cholérique, est une bactérie très mobile, aux exigences nutritionnelles modestes, dont l’homme est le principal réservoir. La maladie résulte de l’absorption par la bouche d’eau ou d’aliments contaminés. Une fois dans l’intestin, les vibrions sécrètent notamment la toxine cholérique, principale responsable de l’importante déshydratation qui caractérise l’infection : les pertes d’eau et d’électrolytes peuvent atteindre 15 litres par jour. L’homme joue à la fois le rôle de milieu de culture et de moyen de transport pour le vibrion cholérique. Les selles diarrhéiques libérées en grande quantité sont responsables de la propagation des bacilles dans l’environnement et de la transmission oro-fécale. La période d’incubation favorise le transport des vibrions sur de plus ou moins longues distances. Les principaux facteurs favorisant la transmission de l’infection sont le niveau socio-économique et les conditions de vies des populations. Les fortes concentrations de population associées à une hygiène défectueuse jouent un rôle important dans l’apparition et le développement d’une épidémie de cholera qui provoque des diarrhées pouvant aboutir rapidement à une déshydratation sévère, à d plupart des vomissements et à la mort si le traitement n’est pas administré rapidement.

L’OMS décrète

L’OMS estime que le choléra reste toujours une menace et qu’il est l’un des principaux indicateurs du développement social. Haïti est en état d’urgence sanitaire et compte sur les Nations Unies qui ont mobilisé des équipes médicales d’urgence, a déclaré vendredi Catherine Bragg, Sous Secrétaire générale de l’ONU chargée des affaires humanitaires. Les agences de l’Organisation des Nations Unies (ONU) et leurs partenaires ont mobilisé des équipes médicales d’urgence en Haïti et ont distribué plus de 10.000 tablettes de purification de l’eau pour stopper la propagation du choléra, une maladie se transmettant notamment par voie hydrique. Mourir du choléra est évitable, et nous faisons tout ce que nous pouvons pour assister les autorités haïtiennes et prévenir d’autres décès. L’ensemble des agences de santé en Haïti ont un stock cumulé de 300.000 traitements antibiotiques prêts à être distribués », a déclaré Catherine Bragg qui se dit confiante sur la capacité à répondre rapidement à cette nouvelle catastrophe qui s’abat sur l’île.

Compassion

Comment peut-on résister au commentaire d’une information de ce type qui ne saurait qu’inciter à la commisération, à la compassion, à des actions inspirées par l’altruisme, sinon à transformer ces sentiments en colère pour en faire des modes d’action pour aider ceux qui souffrent et dont on a dit si souvent qu’ils méritaient notre solidarité. Le problème est que cette dernière ne se manifeste ni très souvent ni de façon très efficace. En raison des vicissitudes dans les moyens d’aider et de soutenir ceux qui souffrent devant nous près des camps, des hôpitaux ressemblant plus à des étables mal entretenues qu’à des lieux d’accueil et de soins, on se demande bien où sont passé les nombreux dons recueillis pour aider les populations décimées par la maladie, la déshydratation, la souffrance et la mort. D’incompréhensibles fuites ont du se produire pour expliquer le dénuement continuel dans lequel se débat une population déjà aux limites extrêmes de la pauvreté. Pendant ce temps, ailleurs, on se débat moins pour une goutte d’eau destinée à la réhydratation des bébés que pour des gouttes de gasoil à verser dans le réservoir des autos qui doivent absolument, en vertu d’on ne sait quelle tradition quasi religieuse amorcer les départ pour les sacrées et saintes, immuables vacances. A leur terme, on reviendra dans la cité pour y exercer son métier puis méditer sur le sort injuste réservé aux malheureux Haïtiens mais un peu aussi aux pauvres Européens obligés de « ramer » pour se déplacer ce qui, on en conviendra, n’est pas la manière la plus simple et la plus aisée pour se déplacer sur autoroutes.

Ramer ou marcher ?

On sait maintenant que nos ancêtres les mammifères marins et les autres aquatiques aussi ont du choisir de se déplacer avec leur pattes pour parcourir la terre ferme. Cet exemple, venu de loin sinon de haut, devrait inspirer notre intelligence pour nous faire adopter un mode de locomotion découlant de l’ambulation. C’est le plus simple sinon le plus efficace, inventé bien avant celui de la roue qui a permis à Michelin, à Continental et d’autres à se placer à la tête d’une fortune non négligeable. A entendre les salariés travaillant sous leur direction, elle n’est pas constamment partagée en toute équité et justice. Les pauvres Haïtiens n’en sont pas là qui doivent d’abord, pour survivre, guérir de leurs maladies, panser leurs plaies avant de s’intéresser à leurs déplacements sous les torrents d’eau qui assaillent régulièrement leur ile et les noient dans cyclones et tempêtes tropicales. La Sous Secrétaire générale des Affaires humanitaires de l’ONU, Catherine Bragg, qui venait de passer trois jours en Haïti, estime que l’épicentre de l’épidémie ne se trouverait pas dans la zone gravement touchée par le tremblement de terre du 12 janvier dernier et a déploré les conditions de vie des 1,3 million de déplacés haïtiens vivant toujours dans des camps. L’épicentre de l’épidémie de choléra ne se trouve pas à proximité des camps de déplacés liés au séisme, la propagation de la maladie peut aussi être évitée en utilisant de l’eau potable, du savon et en améliorant l’assainissement aurait déclaré ce personnage officiellement envoyé pour encourager une population « en grande difficulté » comme on le dit à propos d’autres difficultés en France.

Actions de l’OMS

L’OMS a prélevé « plusieurs échantillons de selles » dont « les résultats sont attendus ultérieurement » afin de confirmer où d’infirmer la présence de choléra en Haïti, a déclaré la porte-parole de l’OMS, Fadela Chaib. « La communauté humanitaire doit continuer à travailler en étroite coopération avec les autorités locales afin de fournir une assistance pour répondre à cette épidémie », a-t-elle ajouté. Avait-on réellement besoin de cette confirmation et de la présence permanente des hautes autorités de certains organismes internationaux. N’oublions pas que ces hautes autorités de la sagesse des Nations n’ont pas hésité il y a à peine quelques mois d’expliquer au monde la gravité de la grippe qui allaite fondre sur les peuples comme autrefois le déluge et que de ce fait, ils étaient tous vivement encouragés à se faire vacciner à l’aide des ampoules fabriquées par les compagnies pharmaceutiques dont de nombreux collaborateurs étaient devenus conseillers ou consultants auprès de l’OMS. Pouvait-on parler à l’époque de conflit d’intérêt et dans quelle mesure le premier était-il lié au second ?

Questionnement éthique :

1. Les ouvrages, articles, institutions médicales et scientifiques sont remplies à ras bord des notions nouvellement créées à la suite du procès de Nuremberg qui a renouvelé entièrement les procédures gouvernant les relations entre soignants et soignés. Dans les camps de la mort, promus par les Nazis, il n’y avait ni soignants ni soignés mais uniquement des victimes dociles conduites de force dans les chambres à gaz pour y mourir, ni soignants car on ne saurait considérer comme tels les geôliers chargés d’entasser les cadavres dans les fours crématoires. Il n’y avait donc plus ni médecins, ni malades mais des deux côtés des humains déshumanisés auxquels les principes d’information, de consentement, d’autonomie ne pouvaient s’adresser ni même être compris. Les différences entre cette dernière et paternalisme n’avaient plus aucun sens.
2. Dans des cas d’épidémie comme celle dont il est question ici, il était trop tard pour expérimenter et indécent de faire appel aux notions de consentement ne serait-ce que parce que le temps manque cruellement pour se livrer à ce jeu en raison de l’extrême urgence d’une situation qui réclame des interventions immédiates pour guérir les uns et protéger les autres de la contamination.
3. Pas plus n’est-il question dans ce contexte et dans ce débat de faire la moindre allusion à des notions comme vérité, diagnostic, pronostic, consentement au traitement et aux procédés diagnostiques quand il suffit de tourner la tête à droite ou à gauche pour croiser son regard avec celui de l’autre, un autre souffrant, mourant, vulnérable, menacé par la douleur, l’extrême inconfort et au loin, la fin de vie. Comment parler à ces moments de crise de vérité due au malade, de confiance, quand la moindre seconde doit être utilisée pour hydrater, calmer, rassurer, laver, nettoyer et protéger.
4. Loin aussi de parler philosophie à des êtres encore humains en proie à la panique, à l’angoisse, souvent déjà dépassée par la nécessité impérieuse de la survie, à des considérations sur la recherche scientifique et médicale.