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A qui profite-t-elle ?

Une mauvaise ou une bonne grippe ?

Aussi à DSK et au FMI ?

lundi 2 novembre 2009, par Picospin

Dans un marché toujours porté par la prime à la casse et le bonus écologique, les ventes de voitures neuves ont progressé de 20,1% en octobre. Les marques françaises, soutenues par le succès des nouveaux modèles, tirent particulièrement bien leur épingle du jeu…C’est le sixième mois consécutif de hausse, avec une avancée particulièrement marquée pour les groupes français PSA Peugeot-Citroën (+21,8%) et Renault (+34,5%). Les immatriculations de voitures neuves ont dépassé les 210.000 unités en octobre dernier, soit une progression de 20,1% par rapport à octobre 2008, et même 25,6%.

On se jette sur les autos après abstinence

Le mois de septembre avait déjà été marqué par un bond important de 14,1%. En octobre, le marché a de nouveau été porté par le triple effet de la prime à la casse, du bonus écologique et de l’attractivité des nouveaux modèles qui, selon le Comité des constructeurs français d’automobile, "plaisent aux clients et ont été commandés massivement". Des modèles comme la nouvelle Renault Scénic, la Peugeot 3008 ou la Citroën C3 Picasso se sont écoulés comme des petits pains. Ce qui est aussi dopé dans un marche un peu endormi, c’est la vente des produits hydro alcooliques pour se laver les mains fréquemment pour renforcer des mesures d’hygiène un peu laissées à l’abandon quand on n’est pas dans une période endémique. L’inquiétude au sujet de la grippe semble aller de pair avec celle exprimée par le directeur général du Fonds Monétaire International Dominique Strauss-Kahn qui s’est dit vendredi 30 octobre dans un communiqué "inquiet" après la promulgation par le président ukrainien, Viktor Iouchtchenko, d’une loi augmentant le salaire minimum mais aussi par l’extension de la grippe dans ce pays qui a crié au secours pour que les pays possédant de armes de destruction massive contre les virus N1H1 viennent les apporter massivement dans le pays pour protéger une population fragilisée par des conditions de vie difficiles et renforcer leurs défenses naturelles sans qu’il soit besoin de construire des murs, des fortifications afin d’arrêter les agresseurs viraux aux frontières comme on l’avait dit autrefois pour les nuages de Tchernobyl qui avaient eu l’excellente initiative de rebrousser chemin entre les frontières italienne, allemande, protégeant ainsi la France des assauts malveillants des éléments radioactifs comme autrefois Jeanne d’Arc avait sauvé un Roi et un pays des envahisseurs voisins, porteurs pourtant d’armes moins dangereuses pour la santé de chacun et de la population en général.

FMI en Ukraine

Une mission récente du FMI en Ukraine a conclu que les politiques dans certains domaines, dont la nouvelle loi sur le salaire minimum, menaçaient [la] stabilité" du pays, a indiqué M. Strauss-Kahn. "Donc, nous sommes inquiets de la promulgation de la loi", a-t-il ajouté, une critique rare de la part du plus haut dirigeant du FMI envers un pays auquel le Fonds prête de l’argent. Cette loi prévoit d’augmenter le salaire minimum de 11 % au 1er novembre. Le minimum vital doit quant à lui augmenter de 12 % au 1er novembre, puis encore de 18 % au 1er janvier. Le FMI a déjà fortement critiqué cette idée, laissant entendre qu’elle serait de nature à remettre en cause son aide au pays. L’Ukraine, l’un des pays les plus durement atteints par la crise économique mondiale, a reçu en novembre 2008 un prêt du FMI de 16,4 milliards de dollars, dont elle a reçu jusqu’à présent un total de 10,6 milliards de dollars. Le déblocage d’une quatrième tranche, d’un montant de 3,8 milliards de dollars, est normalement prévu en novembre.

Les mains sales ou les mains propres

Pour conduire une auto, il convient maintenant d’avoir les mains propres ce qui a incité les autorités de santé à recommander le lavage fréquent des mains, mesure qui a dopé comme jamais un produit de parapharmacie. La demande pour les gels permettant de se laver les mains sans savon est aujourd’hui démultipliée et laisse le champ libre aux vendeurs peu scrupuleux. Cette success-story commence en avril lors de l’arrivée de la grippe et se poursuit grâce aux spots gouvernementaux diffusés depuis le 25 août. La demande est telle que l’unique problème des fabricants est devenu de fournir à tout prix, quitte à augmenter outrageusement les tarifs. Je me suis mise dans la peau d’une cliente lambda, a déclaré une personne interviewée. J’ai poussé la porte d’une pharmacie et j’ai été attirée par le plus petit modèle, au fond rose fluo et à l’étiquette ornée d’un gros rond « efficacité prouvée », en plus de personnages de Warner Bros. Le prix du tube de poche (20 ml) ne m’a pas semblé exorbitant sur le coup (1,90 euro) mais si on le rapporte aux prix couramment pratiqués (en fait, 25 à 30 euros litre), c’est cher la miniaturisation.

Logique marchande ?

Après les marchands, écoutez le langage des autorités qui déclarent que « Le virus responsable de la grippe A(H1N1) se transmet par voie aérienne, ou par contact rapproché avec un malade, mais également par contact direct avec les mains ou avec des objets touchés et contaminés par une personne malade. Les mesures d’hygiène habituelles des mains ou l’utilisation de désinfectants pour les mains peuvent jouer un rôle important dans la réduction de la transmission du virus. Dans ce contexte, l’Afssaps émet des recommandations sur les conditions d’utilisation des produits de désinfection des mains avec un gel ou une solution hydro-alcoolique lorsque le lavage des mains avec du savon n’est pas réalisable. L’Afssaps recommande d’orienter le consommateur vers des solutions ou gels hydro-alcooliques testés ou dont la concentration optimale en alcool est voisine de 70% ou à une concentration aux alentours de 630 mg/g. Le virus de la grippe A(H1N1) peut survivre dans l’environnement de quelques heures à quelques jours. Dans le cadre de l’épidémie actuelle, les modes de transmission du virus de la grippe A(H1N1)v semblent similaires à ceux de la grippe saisonnière, par voie aérienne (toux, éternuement ou postillons), par contact rapproché avec une personne malade (serrer la main ou embrasser) et par les mains avec des objets contaminés par une personne porteuse du virus (poignée de porte, transports en commun,…). »

Prudence réglementée

Jamais une prudence aussi rigoureuse que celle mise en place à l’occasion de l’acquisition des vaccins n’avait été requise et respectée. La question de l’étendue de la responsabilité des fabricants en cas d’incident lié à leur produit est particulièrement sensible, surtout dans un climat où l’innocuité des nouveaux vaccins a été au coeur de polémiques. Aux Etats-Unis, la ministre de la santé a signé un texte par lequel les fabricants sont protégés contre la menace d’éventuelles poursuites judiciaires et d’indemnités à payer en cas d’effets indésirables survenant chez des personnes vaccinées contre le virus A (H1N1). En l’absence de faute, la survenue d’éventuels effets indésirables connus, comme ceux figurant dans l’autorisation de mise sur le marché, entrerait dans le cadre des accidents médicaux. Ceux-ci peuvent donner lieu à un recours auprès de l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux.

Effets délétères

La situation est plus floue s’agissant d’effets indésirables inattendus. L’engagement de l’État, tel que le reconnaissent ces quatre contrats, va plus loin et offre une protection plus étendue que les dispositions prévues dans le code de la santé publique en cas de "menaces sanitaires graves ». La sensibilité du sujet laisse supposer que les premières manifestations pathologiques imputées, à tort ou à raison, à la vaccination contre le virus grippal A (H1N1) risquent de donner lieu à des controverses et des procédures judiciaires. L’histoire a montré que les controverses en la matière pouvaient durer des années. Comme on le voit, la crise qu’elle soit économique ou sanitaire donne un vigoureux coup de fouet aux activités des pays impliqués, ne serait-ce qu’aux juristes qui risquent de rester mobilisés plusieurs années après ces épisodes critiques certes mais aussi profitables pour certains « privilégiés ».

Questionnement éthique :

1. Est-ce que la crainte d’une véritable récession économique de longue durée a incité les gens à se précipiter sur l’acquisition de nouvelles voitures avec l’enthousiasme et la hargne d’enfants auxquels on aurait dérobé leurs jouets ?

2. Quelle est la part d’inconnu qui régit la conduite des affaires sanitaires dans une affaire sans précédent sur laquelle on manque trop d’information concernant la prévention, l’efficacité de la vaccination, la sévérité de la maladie, la résistance des patients ?

3. Comment peut-on régler le difficile problème éthique surgi à l’occasion de cette pandémie quand on connait les intérêts et la concurrence en jeu entre de puissants laboratoires qui de leur côté doivent défendre les intérêts de leur collaborateurs ?

4. Est-on certain que les divers organismes en charge de la protection de la population agissent bien en synergie dans l’intérêt exclusif des malades ?