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Où sont les infirmières ?

Une profession maudite ?

Que font-elles ?

dimanche 19 juillet 2009, par Picospin

Le cas dont il est question ici n’en est que plus déplorable en raison du jeune âge du bébé et des circonstances de survenue de cette bévue dont les responsabilités sont multiples.

Responsabilités

Il est possible que dans cette conjoncture le poids des responsabilités n’en soit que plus pesant car, à travers la mort du bébé, se jouent la diffusion des carences, le tragique manque de recrutement des personnels de santé et sans doute aussi le problème d’une exécution imparfaite de la gouvernance qui se trouvé actuellement au carrefour de l’éthique. Des infirmières, il en manque partout dans le monde en raison des responsabilités qui pèsent sur leurs activités, de leur faible salaire qui frise le dérisoire par rapport à leur rôle dans la société du soin. C’est pour cette raison que les membres de cette profession circulent à grande vitesse d’un pays à l’autre, de l’Espagne à la France et de là vers d’autres horizons plus favorables ou défavorables à la qualité de leur niveau de vie. La surcharge de travail n’est pas un moindre argument pour soulager de leur tâche des éléments encore très jeunes de la société du soin. Ils manquent surtout d’expérience, de concentration et de jugement dans l’exercice d’une profession manifestement sous payée et qui paie d’un prix d’autant plus élevé les fautes commises, les erreurs comptabilisées et les faiblesses de la formation professionnelle. Le problème qui se pose à cette profession et à sa capacité à l’exercer est bien ce lui de l’aptitude à s’engager dans une voie difficile affectivement, émotionnellement et professionnellement en raison de la continuité de sa nécessaire disponibilité.

Disponibilité

Autrefois, les tâches dévolues à cet exercice du soin étaient remplies par les religieuses, celles qui au-delà de la profession, rencontraient Dieu sur leur chemin vers l’homme. Ce face à face découvrait leurs visages et leur donnait la force, la constance de passer au-dessus des contraintes humaines pour atteindre celle d’un au-delà de l’humain permettait d’apporter au malade, au mourant, à celui qui est en fin de vie le dernier rayon de lumière avant de s’enfoncer dans l’obscurité ou au contraire dans l’éblouissement d’une rencontre, celle de la béatitude éternelle. Pour assurer ce rôle difficile mais en même temps porteur d’espérance, il faut rester longtemps en possession de la lumière restée captive de l’homme quelles que soient ses croyances, ses espérances et la recherche d’un soutien. La vision de la mort chez l’autre confronte à la sienne propre.

Sens de l’existence

Cette vision peut altérer le sens de l’existence. D’où la nécessité d’oublier sa propre essence pour adopter celle d’une spiritualité dont la signification et le contenu ne sont pas univoques mais conduisent aux préoccupations de l’esprit, de la conscience, de l’empathie seules capables de faire franchir aux hommes et aux femmes engagées dans l’aide et le soin la frontière souvent étanche entre le monde de la jouissance, du plaisir égoïste, de l’hédonisme. Cette limite franchie permet sans doute aussi de se pénétrer des considérations et caractéristiques d’un monde sans illusion mais aussi sans enchantement dont la tristesse n’a comme équivalent que celle de la solitude, de l’égocentrisme sinon de l’autisme. Qui peut libérer l’individu au service des autres de la forteresse dans laquelle s’enferment les solitaires ? L’intérêt pour le prochain à aider, à renforcer, à solidariser dans la recherche d’une éthique progressiste et d’une démarche empathique.

Questionnement éthique :

1. En guise de conclusion :

C’est à ce prix que des soignantes pourront être recrutées, des âmes sauvées et des disponibilités concrétisées.

2. Quelles sont les conditions qui pourraient améliorer le sort du personnel soignant et le pousser à plus d’optimisme, d’encouragements et de plus grande joie dans l’exercice d’une profession particulièrement dure ?

3. Est-il vrai que les soignants ne peuvent exercer leur dure mission qu’à l’aide d’une spiritualité solidement ancrée ?

4. Est-ce que le personnel soignant mérite une plus grande considération de la part de la population, des familles et des malades compte tenu de son rôle majeur dans les soins donnés aux malades ?