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Martin Hirsch, homme caméléon

Une promotion foudroyante

Un acteur incontournable de la vie sociale ?

mardi 13 janvier 2009, par Picospin

Celle de la nomination de Martin Hirsch actuellement haut-commissaire aux solidarités actives au poste de Haut-Commissaire à la Jeunesse.

Un titre sans fonction ?

Ce qui est intéressant dans cette annonce c’est qu’elle s’est résumée à clamer un titre sans faire la moindre référence aux fonctions correspondantes qui l’accompagnent. On aurait pu imaginer le contraire. D’abord on analyse un besoin, ensuite on regarde si on a les moyens d’y répondre par des mesures adéquates, enfin on finalise l’affaire en proposant le responsable de ce poste et de cette fonction. En ayant agi de la sorte, c’est à dire à l’envers de toute logique, on risque de susciter des doutes, un scepticisme et un certains incrédulité. « Qu’est-ce encore que cette histoire cogitée en haut lieu et dont nous ne savons rien », pourrait-on entendre dans le chaumières et au café du commerce. Il semble que notre jeune haut fonctionnaire ait accepté avec une certains satisfaction, sinon une grande joie et un sentiment de réussite et de plénitude cette nomination qu’on n’a même pas envisagé d’habiller en proposition, tellement on était apparemment certain que cette dernière allait être acceptée sans même recueillir l’avis de la personne intéressée au premier chef. Or, il semble que cette dernière avait un mot important à dire. Tout simplement accepter ou refuser ou encore interroger sur les conditions de cette promotion avant de se prononcer sur d’éventuelles chances d’échec ou de réussite.

Poser des questions ?

Sur quoi est-on autorisé à se poser la question ? Au moins sur la réalisation d’une mission, l’approfondissement des détails, des circonstances, des moyens mis à disposition, des délais impartis pour un embryon de réussite. C’est qu’une nomination faisant suite à une carrière brillante ou même la précédant est moins un aboutissement qu’une initiation. Accepter un poste, une promotion en mettant le doigt dans un engrenage qui risque de le sectionner sinon d’emporter aussi la main dans la séquence, c’est prendre des responsabilités si bien décrites par Hans Jonas qui a bien vu le fantastique pouvoir que l’homme avait acquis ces dernières décennies ce qui lui permettait d’envisager une entrée inespérée dans le monde de l’impossible sinon du virtuel. Devenu le Prométhée que rien n’arrête, il est en possession de la capacité à « s’autodétruire » entrainant dans sa chute ses pairs et sa descendance. Une telle conséquence entraine la prise de conscience d’une énorme responsabilité qui ne s’arrête pas à l’individu mais s’étend à l’humanité devenant de ce fait une valeur absolue qui lui est inhérente et qu’il importe à tout prix de protéger.

Un Prométhée au bord du suicide

Ce qui amène à s’interroger sur l’application inconsidérée des techniques menacées d’interdiction pour peu que les plus prudents des hommes s’engagent dans la pensée qu’une destruction de l’humanité est envisageable et, avec elle, celle d’une disparition de l’être humain corps et âme, à moins que cette dernière, protégée par l’esprit et l’optimisme de Platon puisse circuler dans le monde des idées à la recherche d’un site à découvrir, d’une richesse à explorer ou d’un mystère à démasquer, à dévoiler ou à déchiffrer. C’est de cette conception quelque peu pessimiste – mais les pessimistes ne sont-ils pas en vérité les gens les plus optimistes ?– que l’idée a germé d’un contre pouvoir à la technologie agressive, celle qui invente sans limites, se fraie un passage là où on ne voit plus d’issue pour déboucher sur une réalité proche de la fantasmagorie, prête à enivrer les masses comme si elle avait reçu en don d’un Dionysos ivre lui-même les clés USB ouvrant un ordinateur géant ciblé sur le cosmos. Le Président se veut magicien.

Savoir

Il veut « rétablir l’autorité du savoir » et faire en sorte que « l’école s’adapte aux différents publics qui la composent. Certains enfants ont besoin d’être plus encadrés que d’autres ». « J’ai beaucoup de respect pour les enseignants. Ne perdez pas confiance dans votre métier, (...) tout le monde sait bien que c’est un métier difficile », a-t-il conclu. Que n’a-t-il pas appliqué plus souvent et plus tôt cette maxime qu’on dirait inspirée par un Kant en plaine forme et en pleine possession de ses moyens. Peut-être aussi aurait-on pu éviter l’emploi d’un couteau pour régler un conflit sans doute larvé entre un élève et son professeur ? Car, n’est-ce pas, « tout est dans la manière » comme n’ont cessé de le répéter les moralistes d’une autre époque.

Ethique :

1.Est-ce que seule la nécessité préside à la prise de décision ?

2.Est-ce que ce terme est lié indissolublement à l’idée de liberté ?

3.Est-ce que cette circonstance signifie que la nécessité est considérée par rapport à un être fini dont l’activité et l’existence sont déterminées du dehors comme par une sorte d’hétéronomie ?

4. Si on considère l’idée de nécessité par rapport à un être total, est-ce que cette perspective aboutit à une vision par un parallaxe qui conduit immanquablement à la liberté ?