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L’humanisme

Une religion, une doctrine, une philosophie ?

D’Erasme à Pic de la Mirandole en passant par Montaigne ?

mercredi 7 mai 2008, par Picospin

On s’empressera de citer ici des personnage aussi riches que Pic de La Mirandole, Montaigne, Erasme considérés comme les dépositaires de la pensée sur l’humanisme, aux auteurs qui ont consacré leur énergie aux précédents, tels que Stefan Zweig, auteur prolifique s’il en fut, esprit universel qui s’est dispersé dans toutes les directions de la littérature, de la psychologie, de la philosophie sinon des religions et qui en est mort pour ne pas avoir supporté le galvaudage de réflexions et d’écrits, de paroles barbares et tout simplement de l’invasion d’une nouvelle société qui était en train d’introduire des armes de destruction massive dans l’univers des artistes, des penseurs, des hommes de goût, de la sagesse et de la modération nés avec la Renaissance, relayés par ses descendants et décrits par leurs lointains biographes.

Passion ou jugement

Ces derniers se plaçaient plutôt en thuriféraires qu’en critiques, les encensant de toutes les vertus jusqu’à leur ôter celle de la création qui exigerait pour se manifester de la passion plus que du jugement, de l’imagination plus que de la science et de l’invention plus que de la pondération. Tel paraissait bien être le cas d’Erasme de Rotterdam, qui, entre autres, s’était attaché aux basques d’Origène, Docteur chrétien de langue grecque du 3è siècle av. J.C., auteur de nombreux travaux d’exégèse des Ecritures et mort pendant les persécutions de Dèce. De cet attachement, il a suivi les courants fondamentaux de la politique universelle, qu’il s’agisse de l’idéalisme, de la diplomatie, de l’éthique et au-delà de l’humanité. Fondateur présumé de l’Europe au sein de laquelle s’est élaboré un programme d’éducation auquel il a donné son nom, Erasme s’aligne sur les positions philosophiques de quelques uns de ses plus célèbres et sérieux prédécesseurs, tels que Aristote, Platon, Saint Thomas d’Aquin pour lesquels la politique ne peut se prévaloir que de moralité, telle qu’appliquée par un prince, chef d’état, avant tout serviteur du divin.

Humanisation ?

Ce qu’Erasme transmettait à la postérité au milieu du désarroi de la guerre et des dissensions européennes, n’était que l’antique rêve renouvelé des religions et des mythes, d’une future humanisation de l’humanité, du triomphe de la lumineuse et équitable raison sur la vanité égoïste des passions. Cet idéal n’a pas cessé de raviver les espérances de vingt générations européennes. Ce qui fera la gloire d’Erasme, ce sera d’avoir frayé un passage, si étroit qu’il eut été, à l’idée humanitaire, à cette idée très simple et en même temps éternelle que le devoir suprême de l’humanité est de devenir toujours plus humaine, plus spirituelle et compréhensive. Montaigne a continué dans cette voie en prêchant l’évangile du bon sens et de l’indulgence. Pour son bonheur et son éventuel succès, Erasme avait en face de lui un adversaire de taille qui lui servait de repoussoir.

Machiavel ou Erasme ?

Ce fut ce Machiavel, diplomate de métier, pour qui la vie des chancelleries n’avait plus de secrets et qui considérait la politique comme une science amorale et indépendante et qui a aussi peu de rapports avec l’éthique que ne l’ont l’astronomie et la géométrie. Le prince doit utiliser les forces et faiblesses humaines pour leur bien et celui de la nation. Il a le devoir de procurer à son peuple le maximum de suprématie sur les autres. Face à lui, Erasme a été le premier Européen conscient, le premier combattant pacifiste de l’idéal humanitaire, social et spirituel. Son sort tragique de vaincu dans cette lutte inégale n’a fait que resserrer davantage les liens de fraternité qui nous unissent à lui à travers les âges et ceux qui nous rendent solidaires dans la lutte contre le fanatisme, pour la liberté de conscience et l’éloge de la folie, condition de toutes les créations. Ce qui n’empêche nullement de se battre pour la survivance de la médiation, de la sagesse, de la tolérance et le maintien d’une certaine civilisation, seule capable d’améliorer les hommes et de développer les facultés morales indispensables au progrès de l’humanité.

Eloge de la folie

Pour réussir dans ce domaine, la folie n’est plus un objet d’éloge mais au contraire, malgré son rôle vecteur dans la création, elle devient glaive de l’esprit qui pénètre profondément dans l’âme, y détruit les passions afin que la piété règne à l’avenir dans les cœurs. Entre temps, la folie a exprimé pendant des mois et des années ce que brûlaient de dire des milliers de gens. La nécessité d’une réforme rigoureuse pour que ce qui existe soit ébranlé dans son autorité avant que quelque chose d’autre puisse être édifié à sa place. Dans les révolutions qui suivent, pendant la trop longue attente des réformes, le savant précède le créateur et le réformateur. Le sol doit être défriché pour recevoir la semence. Est-ce que ce sont ces pensées traversant gouvernants et élus qui manifestent un appétit d’ogre, aussi bruyant qu’indiscret, pour bouleverser les lois, les statuts, les règlements figés, après le passage des réformateurs suivant des dizaines d’années d’immobilisme ?

Questionnement éthique :

1. Quelles sont les différences entre humanisme et philantropie ?

2. L’humanisme vise-t-il à désigner le genre humain ou le plein épanouissement des facultés qui font la qualité d’homme ?

3. Quelle relation peut-on établir entre la métaphore de la lumière du 18è siècle et le mythe de la caverne de Platon dans laquelle pénètre le feu allumé sur une hauteur qui dégage les ombres projetées que les hommes prennent pour la réalité ?

4. Comment accorder la scolastique des universités médiévales aux méthodes rationnelles inspirées d’Aristote avec la révélation divine ?


Sources :

Zweig S. Essais : Erasme, La Pochothèque, Paris, 1996

Messages

  • question 1 : L’humanisme c’est la reconnaissance de l’autre comme un autre moi, tout aussi important, et que par conséquent il faut respecter et si nécessaire aider. Cela conduit au réalisme. La philanthropie c’est littéralement l’amour de l’homme en général ; c’est un idéal, ou une utopie.
    question 2 : l’humanité peut désigner le genre humain, pas l’humanisme
    question 3:je ne connais pas la métaphore de la lumière du 18ème siècle
    question 4 : la réponse nécessiterait des traités philosophico-théologiques que je n’ai ni la compétence ni le temps pour écrire

  • J’ai commandé deux tequila et au moment où le barman a remis la j’ai senti une main descendre mon pantalon, prenez ma bite et Kerry douce voix a chuchoté dans film x mon oreille. sntlq23sp