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La bioéthique : qu’est-ce que c’est ?

Une révision longue et délicate

Pourquoi ?

mercredi 6 mai 2009, par Picospin

Nous sommes aujourd’hui à la veille de pouvoir réactiver les mécanismes de la régénération pour "rénover" des organes lésés. Tous nos tissus contiennent des cellules souches, avantage dont nos organes tirent une capacité de renouvellement importante comme c’est le cas des cellules sanguines, renouvelées tous les 120 jours, des cellules de la peau, qui se régénèrent tous les 21 jours, ou de l’épithélium de l’intestin.

Cellules souches

La thérapie régénératrice par cellules souches représente un espoir pour des millions de patients atteints de maladies ou lésions dégénératives. La capacité de réparation des organes ou des tissus endommagés à l’aide des cellules souches qui sont unipotentes, capables de générer seulement un type différencié, multipotentes, capables de générer plusieurs types de cellules, ou pluripotentes, capables de générer la plupart ou tous les tissus du corps adulte, voire totipotentes, capables de générer tous les tissus postnataux ou extra embryonnaires, potentiellement capables de récréer un nouvel embryon complet, pourrait répondre au besoin de réparer des fragments d’organes ou de tissus lésés ou détruits pour aider à leur cicatrisation, voire leur renouvellement. L’isolement des cellules souches embryonnaires requiert la désagrégation du jeune embryon, d’où le débat éthique autour de ces cellules. Leur utilisation considérée comme l’archétype de la cellule souche pluripotente, c’est-à-dire capable de générer tous types de tissus, rencontre pourtant de nombreux obstacles scientifiques avant de pouvoir être utilisée en clinique, en particulier la formation de tumeurs et le rejet immunitaire. Afin de maîtriser le rejet potentiel de cellules ES, (souches embryonnaires) plusieurs solutions sont proposées, dont la création de banques de lignées de cellules ES pour correspondre à des receveurs potentiels, mais on ne connaît pas encore le nombre de lignées de cellules nécessaires pour correspondre à tous les patients (sans doute de 250 à 10 000 lignées). Le clonage thérapeutique est présenté comme une solution idéale pour maîtriser le rejet immunitaire.

Fraudes

Mais, malgré l’annonce frauduleuse de chercheurs de Corée du sud, à ce jour aucun clonage humain n’a réussi ; et dans une précédente expérience chez la souris, les cellules provenant d’embryons clonés ont été rejetées par l’hôte génétiquement correspondant. Les cellules souches adultes qui possèdent des propriétés de flexibilité remarquables si bien qu’une seule cellule souche de moelle osseuse adulte peut contribuer non seulement à la formation de nouvelle moelle et de sang mais aussi à celle de foie, poumon, tube digestif, peau, cœur et muscle. On compte actuellement plusieurs exemples de cellules souches adultes avec une flexibilité pluripotente, dont les cellules de la moelle osseuse, du sang périphérique, de l’oreille interne, du sang de cordon ombilical, de la muqueuse nasale, du liquide amniotique et de la membrane amniotique placentaire. Les cellules souches adultes pluripotentes spécifiques peuvent se multiplier en culture pendant longtemps tout en retenant leur capacité à se différencier et en fournissant un nombre suffisant de cellules pour les traitements à visée clinique. Les cellules souches adultes, qui sont efficaces dans le traitement de modèles animaux de maladie, sont aptes à trouver leur destination (homing) en visant spécifiquement les sites des tissus endommagés. Pour les lésions de la moelle épinière, les cellules souches adultes ont réussi à favoriser la croissance neuronale chez l’animal.

Parkinson

Dans les modèles animaux de maladie de Parkinson, les cellules souches adultes sont efficaces en stimulant la sécrétion de dopamine et en diminuant les symptômes comportementaux. Un patient a reçu une transplantation de ses propres cellules neurales, ce qui a entraîné une diminution des symptômes de la maladie de Parkinson. Plusieurs études ont démontré la génération de cellules secrétant de l’insuline à partir de cellules souches adultes, dont le foie, la moelle osseuse et le pancréas. Les cellules souches adultes ont également réussi à réparer des lésions osseuses. Les lésions du myocarde ou muscle cardiaque consécutives à la survenue d’infarctus du myocarde ont pu être réparées ce qui a redonné vie et vigueur à la contraction de cet organe indispensable à assurer l’apport de sang aux tissu de l’organisme. Bien que le mécanisme de ces thérapies régénératives reste encore flou, la flexibilité et le potentiel énorme des cellules souches adultes sont maintenant démontrés. Les considérations d’ordre éthique qui accompagnent, suivent ou précèdent les manipulations sur l’embryon sont complexes en raison des conceptions différentes sur le rôle des cellules dans l’organisme, la définition même de la vie au regard des convictions et croyances religieuses, spirituelles, voire philosophiques. Il reste en particulier difficile de trouver un accord entre les diverses positions de pensée sur le moment de dater scientifiquement le moment du début de la vie humaine au cours du développement de l’embryon dans la période encore incertaine au cours de laquelle les plus pugnaces défenseurs des théories traditionnelles peuvent aller jusqu’à considérer que la vie peut avoir commencé avant la naissance.

Statut de l’embryon

C’est à partir des difficultés à parvenir à un consensus qu’est né le concept de statut de l’embryon dont la spécificité continue de susciter des questions. La recherche sur l’embryon soulève des oppositions éthiques car elle porte atteinte non à une chose mais à une personne humaine potentielle qui ne saurait donner lieu à instrumentalisation. Il en découle que les recherches ne peuvent être effectuées que sur des embryons surnuméraires et des cellules qui en sont issues. Ces restrictions n’ont influé que de façon minime sur les autorisations des projets de recherche soumis aux comités chargés d’en vérifier la pertinence et la rigueur de l’application. De nombreuses études ont montré aussi l’efficacité des cellules souches adultes dans le traitement de modèles animaux de maladie. Quelques expériences ont montré la capacité des cellules à trouver leur destination (homing) sur le site des tissus endommagés. Pour les lésions de la moelle épinière, les cellules souches adultes ont favorisé la croissance neuronale et apporté un réel bénéfice thérapeutique. Dans les modèles animaux de la maladie de Parkinson, les cellules souches adultes ont montré une efficacité en stimulant la sécrétion de dopamine et en diminuant les symptômes comportementaux. Un patient a reçu une transplantation de ses propres cellules neurales, entraînant une diminution des symptômes de la maladie de Parkinson. En ce qui concerne le diabète, plusieurs études montrent la génération de cellules insulino-sécrétrices à partir de cellules souches adultes, dont le foie, la moelle osseuse et le pancréas. Les cellules souches adultes ont également été utilisées avec succès dans des protocoles de réparation osseuse. La réparation de lésions cardiaques est également passée à l’étape des essais cliniques, avec plusieurs cas de réussite à la suite de destructions cellulaires survenues aux lendemains d’un infarctus du myocarde. Bien que le mécanisme de ces thérapies régénératives reste encore flou, la flexibilité et le potentiel énorme des cellules souches adultes sont bien placés sur la voie maintenant solidifiée du succès.