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Une société aux abois sous les coups du chaos

mardi 6 septembre 2011, par Picospin

On sait, pour en avoir entendu parler avec fierté sinon orgueil que dans ce pays la natalité, pour ne pas être galopante est vigoureuse surtout si on la compare aux pays voisins au point de vue topographique, sociétal sinon économique. C’est à son chevet que se penchent les médecins nombreux qui tentent de soulager la conscience des parents, les soucis des enseignants et l’organisation de l’éducation dite nationale.

Coupes budgétaires

Dans cette affaire, les coupes budgétaires n’arrangent guère une situation déjà compromise par l’état d’esprit déplorable qui règne dans tous les milieux d’une société en désarroi qui ne sait plus comment traiter les troubles inhérents à la désorganisation de l’équilibre entre enseignants et enseignés. A cette situation de base déjà fortement compromise viennent s’ajouter des problèmes moraux liés aux comportements des plus jeunes mais aussi des plus âgés. Ils s’expriment par la tyrannie de l’immédiateté réclamée par les plus jeunes auxquels personne n’a appris à réagir avec douceur, lenteur, sagesse et réflexion devant les sollicitations permanentes dont sont l’objet les plus favorisés des apprentis qui n’ont jamais l’intention d’attendre leur heure pour atteindre les objectifs de leur vie, de leurs caprices, sinon de leurs passions. Devant la vision chaotique de l’éducation qui se présente devant leurs yeux de myopes mal habitués à regarder au loin les horizons de l’existence, se projettent des images floutés d’un avenir incertain, de traces encore mal définis et de projets voués à l’échec pour les plus fragiles et à des grosses difficultés pour ceux qui peuvent chercher une aide dans des structures familiales souvent bancales en raison de l’effondrement du trépied du couple qui a de plus en plus de mal à tenir debout. Si l’on écoute un des pontes de la médecine « scolaire » comme Marcel Gauchet, la cellule structurante de l’enfant se décharge de sa fonction éducative sur l’institution publique.

Dégâts importants

Elle-même est touchée de plein fouet par les dégâts qui lui ont été infligés par des épisodes comme ceux de mai 68 qui ont entamé le fonctionnement d’une société maintenue trop longtemps dans un carcan idéologique, nationaliste sinon religieux pour que le système fonctionne en toute liberté, en toute harmonie et le maximum d’intelligence dans un monde saisi par les instances dogmatiques, l’étroitesse des esprits et une liberté conquise sans être jamais remise en question. Les réflexions des deux médecins spécialistes de la sociologie du relationnel entre famille, école, sens des savoirs, statut de l’autorité et place de l’école dans la société prennent d’autant plus d’intérêt qu’ils énoncent eux mêmes les données d’un problème apte à renverser les valeurs, les situations et les solutions proposées. La révolution du 20è siècle est moins celle de la technè que celle d’un désir d’enfant désormais plus voulu et programmé que venu à l’improviste perturber l’équilibre instable d’une famille dans laquelle on ne savait où placer l’arrivant. C’était toujours une surprise d’autant plus grande que les traditions s’effondraient devant l’imagination et les dérives et que les règles institutionnelles se fragilisaient au contact des initiatives de l’imaginaire, des artistes et des refugenicks contre l’ordre établi. Ce dernier était dès lors contesté devant les maigres résultats obtenus par les règles établies par un nouveau monde lui-même déséquilibré par un capitalisme aux abois et une technologie gouvernée par les prédateurs du gadget, des jeux et du mélange fort imbriqué entre fiction et réalité. Autrefois, l’enfant roi était celui né aux environs de Noël auquel les Rois mages apportaient les cadeaux en signe de bienvenue dans notre monde terrestre, à la lisière du céleste.

Étable

C’est dans l’étable, au milieu de l’âne et de la vache qu’était élevé le nouveau-né accueilli comme un cadeau du ciel par une famille réunie autour de la surprise créée par le nouvel arrivant. Ce fut l’enfant prodige, la merveille du monde accueillant tous les présents apportés à dos d’éléphant par un peuple émerveillé d’ouvrir son regard sur un être humain en devenir dont les limites sont en cours d’évaluation tant elles sont capables de dépasser celles des hommes et des nouveaux génies en passe de se dépasser jusqu’à sortir des frontières du cosmos, de la physique quantique et autres savoirs dont les terres sont insaisissables par leur étendue et leur hauteur. Il est possible que devant l’immensité des savoirs à acquérir sinon à assimiler, les élèves, les apprenants, les apprentis sont désorientés sinon perturbés dans l’organisation de leur cerveau et risquent de succomber à la confusion devant les richesses matérielles susceptibles d’être acquises pour une satisfaction instantanée vouée à l’épuisement. D’où l’agitation dénoncée par nos spécialistes en éducation aux prises avec les réactions mal domestiquées aux savoirs dont l’immensité trouble la clarté de prise de conscience de générations aux prises avec une compétition terrifiante à laquelle assistent, éberlués des parents aux abois, saisis ou dépassés par l’angoisse de la réussite comme de l’échec. Une course folle entre chevaux arabes prêts à en découdre jusqu’à tomber avec leur cavalier au saut de la première haie franchie…