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Utilité d’une prescription rationnelle, mesurée, d’anti dépresseurs chez les patients en fin de vie

vendredi 31 octobre 2014, par Picospin

C’est la raison pour laquelle, l’enquête lancée par l’organisme américain appelé FDA prend une importance considérable par les conclusions que son alerte suggère et les conseils donnés pour alerter l’opinion publique sur les dangers de laisser les états dépressifs sans traitement ni prévention.

Trop ou pas assez

Il en est de même des surdosages consécutifs à l’administration d’antidépresseurs. L’inflation de ce type d’ordonnances a soulevé une vague de protestations et d’indignation auprès du corps médical en général, des médecins généralistes et des psychiatres. Plusieurs membres de la communauté médicale ont prétendu qu’une telle attitude risquait d’induire plus de réactions défavorables que d’améliorations. Cette réaction était justifiée par le risque de découragement de la part des patients de faire appel à une aide quelconque de la part de la médecine mais aussi par le déclenchement d’une réticence des médecins à prescrire ce type de traitement ou de prévention quand ce comportement était indiqué. Quelle est la situation actuelle 10 ans après l’avertissement émis par la FDA sur les dangers d’une telle approche thérapeutique ou préventive ?

Positionnement

La position de cet organisme était justifiée par la constatation d’un pourcentage relativement significatif de comportements suicidaires chez les enfants âgés de moins de 18 ans, situation qui était opposée chez les adultes âgés de plus de 24 ans et encore plus significative dans l’autre sens chez les personnes plus âgées. Les observations recueillies plus tardivement ont montré une diminution de 30% de la consommation d’antidépresseurs chez les adolescents, de 25% chez les jeunes adultes et de 15% chez les adultes. Les statistiques concernant l’administration des inhibiteurs du "recaptage" de la sérotonine allaient dans le même sens avec une augmentation de 20 à 30% des cas de dépression chez les patients laissés sans couverture de traitement antidépresseur.

Il n’y a pas que les adolescents

Bien que la FDA se fut penchée essentiellement sur les cas des enfants et adolescents, c’est essentiellement sur la santé mentale des adultes que l’avertissement a joué le plus grand rôle, une communauté de malades déprimés qui n’avait pas été ciblée particulièrement par la FDA mais qui en a bénéficié le plus. A leur tour ces résultats ont stimulé la veille préventive par les antidépresseurs qui ont réussi à faire baisser la fréquence du risque de suicide chez les enfants de 44%, des jeunes adultes de plus de 35% et des adultes de près de 30%. Cette tendance à la réduction des cas de nouveaux diagnostics relève plus du nombre des nouvelles découvertes de dépressions que de celui d’une augmentation du nombre de dépressions. La diminution du nombre de diagnostics de dépression et de prescriptions d’antidépresseurs aussi bien chez les médecins que chez les malades traduit plus les attitudes des médecins et celles des patients que les effets des controverses et de leur couverture médiatique consécutives à la publication des avertissements diffusés par la FDA.

Effets délétères

Les effets délétères de l’augmentation des ordonnances d’antidépresseurs se sont fait sentir à la suite de l’enquête de la FDA par des risques de surdosages et à l’inverse par une hausse du nombre de tentatives de suicides consécutive à la tendance à la baisse des prescriptions d’antidépresseurs. Le risque provoqué par une dépression laissée sans traitement en termes de morbidité et mortalité a toujours été plus élevé que celui des effets secondaires dus à un traitement antidépresseur. On ne saurait taire le poids des données épidémiologiques ou l’hypothèse d’effets provoqués par les mesures prises par la FDA susceptibles d’avoir pu décourager des malades déprimés de se soumettre à un traitement et les médecins de prescrire des antidépresseurs. Un traitement et une prévention adaptés à chaque cas sont de nature à faciliter la prise en charge et l’accompagnement des mourants et à leur rendre les derniers moments de la vie plus doux, plus supportables et plus confortables.