Un chapiteau sous la tempête
Cette dernière a été remplacée par une construction plus solide, capable de soutenir les nouveaux accents du jazz capables d’ébranler les accords les plus solidement établis, après que les nouveaux musiciens se sont emparés d’autres structures, d’autres harmonies, d’autres rythmes qui renouvellent ces harmonies déjà codifiées comme la bible, régulées comme le code Civil et organisées comme les caves du Vatican. Cette année, le cru est exceptionnel, tout au moins à son début, grâce à l’importation de forces venues d’ailleurs, celles qui se sont élaborées dans le nouveau monde après que Christophe Colomb y eut élu domicile non sans avoir crié terre ce qui, sans doute a généré de la part de cette dernière une joie telle que le ciel, l’enfer et toutes les structures annexes se sont mises à chanter un alléluia de glorification, de bonheur et de remciement pour toutes les notes envoyées et reçues par un peuple venu se recueillir devant tant de beauté et participer aux louanges collectives.
Des invités de choix
C’est que les invités sont chaque année de choix. Hier ce fut Sonny Rollins, géant blanchi sorti des Etats-Unis de Barack Obama, venu apporter son enthousiasme, sa joie de vivre, sa fougue à des spéctateurs et surtout auditeurs médusés par tant d’énergie, de volonté de gagner pour faire entendre au monde sa musique de jeune alors que ses attributs humains clament déjà son grand âge, son désir féroce de vaincre. C’est en tout cas ainsi qu’il manifeste son esprit de compétition, quand après une longue soirée en deux parties, il s’époumonne littéralement pour envoyer aux quatre coins de l’univers les notes sauvages, les combinaisons nouvelles, les inventions originales qui laissent loin derrière elles les accords figés du passé. Dans le public, on n’était pas sur qu’il pourrait aller jusqu’au bout, tants il mettait d’ardeur à convaincre avec son anche de saxo ténor, les fidèles qui se précipitaient autour de la scène nouvellement éclairée et grandie par une nouvelle photographie.
De nouvelles phrases
Tout le monde comprenait ces phrases inventées pour un public de connaisseurs communiant aux sonorités sauvages, tellement accollé à l’artiste qu’il ne voulait plus le laisser partir, même pour un dodo réparateur qui lui permettrait sans doute de reprendre l’instrument lourd à porter, accroché à son cou afin d’enchanter d’autres spectateurs et auditeurs. Longue vie à ce géant de l’humanité, de la musique et du jazz, traversant, - et combien de fois - l’océan pour apporter de son lointain pays, le salut des esclaves autrefois enchainés et maintenant déchainés.
