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Vacances en France

dimanche 5 août 2012, par Picospin

Cet événement culte se reproduit heureusement plusieurs fois par an pour permettre aux enfants de se détendre de la pression incessante exercée sur leur esprit et leur attention tout au long d’une année scolaire fort heureusement entrecoupée de nombreuses périodes de repos qui permettent à leur conscience de faire une pause licite pour se demander par rapport à quel gain se situent leurs efforts de concentration entrecoupés de relaxations jugées de plus en plus indispensables par les maitres du jeu de l’éducation qui cachent leur désarroi et leur ignorance derrière des façades de programmes et projets dûment établis.

Leur assurance ne fait que cacher leur incertitude et leur constant questionnement sur la meilleure façon d’éduquer et la méthodologie la plus adaptée pour gagner des compétitions dans un monde qui ne cesse de clamer ses classements, son excellence et la supériorité de ses résultats. Les enfants, à peine libérés de la tutelle et des contraintes imposées par les puissances supérieures que représentent la famille, les parents, la société, la rigidité et le décor passéiste des institutions éducatives du passé, s’élancent, comme bolides des courses automobiles sur les routes dites des vacances qui ne mènent nulle part ailleurs que dans les rêves dictées par les instruments du nouveau pouvoir que sont les émissions de télévision, les publicités et surtout la mimésis d’une société qui pense n’avoir pas d’autre issue à la liberté que dans l’imitation des autres, individus incarcérés au sein de la nation qui déploie oriflammes et drapeaux pour sentir la chaleur de la solidarité, de l’appartenance en même temps que s’allume la flamme des vainqueurs, que scintillent les médailles montrant aux autres à quel point on est heureux, fier, sinon orgueilleux d’exhiber sa supériorité et d’avoir puisé dans ses ressources au point d’y racler le résidu d’estime de soi, d’honneur et de bravoure sans doute mieux utilisée dans d’autres circonstances comme celles de l’aide à autrui, du sauvetage des noyés ou en passe de l’être et des laissés pour compte. C’est dans cette perspective que s’élancent les esprits saturés de savoir sur les routes menant nulle part si ce n’est vers les lieux des plaisirs factices, des rencontres souvent inutiles et des agitations stériles qui tiennent lieu de sensation de bonheur et d’œuvre accomplie. Pourraient-ils s’adonner à d’autres activités que celles, plus enrichissantes de diriger leur attention, celle de leur esprit encombré de nouvelles connaissances, de s’adonner à leurs plaisirs, développer leurs liens avec les autres et échanger des informations, voire des confidences sur leur mode de vie, leur intimité, les sentiments et pensées élaborées au cours des périodes de travail. On ne voit guère pour quelles raisons cette dernière doit nécessairement ressembler à une prison ou un bagne, en tout cas à une assignation à résidence malheureuse, contrainte, enfermée, derrière des barreaux imaginaires représentatifs d’un mode de vie plus carcéral qu’épanoui. Dans ces conditions, est-il impératif de transformer l’activité laborieuse de l’année scolaire en une chose qui ne serait ni remplie ni occupée mais risquerait de devenir du temps perdu. Encore une fois, les Français sont en vacances. Cet événement culte se reproduit heureusement plusieurs fois par an pour permettre aux enfants de se détendre de la pression incessante exercée sur leur esprit et leur attention tout au long d’une année scolaire fort heureusement entrecoupée de nombreuses périodes de repos qui permettent à leur conscience de s’adonner à un repos licite et de se demander quel usage consacrer à un temps perdu et s’il l’est vraiment, par rapport à quel gain virtuel on pourrait espérer le confronter. N’est-il pas temps, après les errements, les programmations et déprogrammations subies par des élèves de plus en plus désorientés de s’atteler une fois pour toutes à la tâche de confectionner, de proposer, d’étudier en commun les options d’une véritable éducation moderne, tenant compte à la fois des données les plus récentes des connaissances, de la pédagogie, des qualités didactiques à exiger de la part des enseignants pour éviter que les enfants, puis les adolescents et les adultes ainsi formés profitent de l’expérience des anciens comme des plus jeunes afin de bâtir une solide structure ouverte à tous les vents et toutes les tendances. Ce n’est qu’à ce prix que pourra être construite une véritable maison de la pensée, de la culture et de la transmission des connaissances et des qualités pour les acquérir.