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Affrontements sanglants

Veille de révolution, voire de guerre civile ?

Déchirures ou rupture ?

vendredi 23 juillet 2010, par Picospin

Un pic, rappelant les émeutes de 2005, a été atteint il y a quelques jours à Grenoble après les violences provoquées par la mort d’un braqueur, abattu par la BAC au terme d’une course poursuite. « On est en guerre ! Il faut y aller avec l’armée ! » scandait Elisabeth Levy lundi sur RTL. « Ces épisodes peuvent ressembler aux prémices d’une guerre civile » rajoutait Jean-Marie Le Pen sur les mêmes ondes.

Tensions

Les tensions communautaires ne cessent d’augmenter et de plus en plus d’observateurs pessimistes y voient les prémisses et tristes débuts d’une guerre civile qui s’annonce. Le journaliste populaire et séducteur, Eric Zemmour, a souvent rappelé que La France est le pays des guerres civiles » ne serait-ce qu’en évoquant le siège de La Rochelle en 1573. Selon lui, avec des départements comme la Seine Saint-Denis qui compteront dans 10 ou 15 ans près de 90% de français d’origine arabo-africaine, l’histoire pourrait se répéter. Et ça n’est certainement pas le grenelle de la sécurité réclamé par la gauche qui changera quelque chose à d’éventuelles revendications territoriales, juridiques et politiques qui menacent ces régions en phase d’autonomisation. Qu’en pense le peuple à travers les commentaires déposés sur les blogs de la presse mis à sa disposition pour exprimer son opinion générale sur le sujet et particulière sur le cas des Roms et celui des braqueurs dont le lien intime échappe à toute autre logique que celle du mimétisme.

Armée providence ?

On invoque l’action, sinon l’efficacité de l’armée pour calmer les esprits et les corps comme si cette noble institution qui ne représente plus l’émanation de la nation depuis son intégration absolue dans la professionnalisation devait représenter une sorte de providence envoyée d’un ciel pur et juste pour protéger l’homme contre les conséquences de ses perversions. En quelque sorte, une envoyée de dieu capable de ramener la paix entre les hommes et d’en garantir les résultats à long terme jusqu’à expiration d’un contrat passé entre lumières et ténèbres moins par le truchement du politique que par l’alliance entre le dieu jaloux et de colère, tout puissant apportant à sa créature l’aide et l’encouragement nécessaire à son entreprise de veille et de pacification.

Opinion d’un blogueur

Comme il a raison, l’anonyme blogueur qui a écrit à ses propos que les 3 moyens qu’il propose pour restaurer paix et confiance sont « 1) Restaurer la famille dans ce qu’elle a de plus noble. Lorsque les deux parents travaillent pour de maigres subsides, ils sont en survie et la progéniture aussi. Le libéralisme et la recherche d’argent a tué ce premier rempart. 2) Redonner une valeur à l’éducation ou aux éducations, familiales, scolaires, civiques. 3) Faire qu’une vie de décence soit possible pour tous. Qu’il y ait du mérite oui, mais ne pas se tromper de cible. Donner autant à des crétins de footballeurs, ou des vendeurs d’assurance non, mais à un chirurgien qui sauve c’est certain. » Même si on n’est pas entièrement d’accord avec ces propositions, tout au moins peut-on leur accorder le bénéfice de la sincérité et du souci des autres selon la formule du « care » circulant en France depuis quelques semaines. Le chirurgien n’est pas au-dessus des lois de la déontologie, du juste prix dans la mesure où il a appris des techniques plus souvent rodées qu’innovantes et qu’il travaille plus étroitement dans la solidarité d’une équipe que dans la solitude du savant Nimbus. Il n’en demeure pas moins vrai que donner la parole pendant des heures sur plateaux de TV et radios à des « crétins » tient au moins autant de l’hérésie que de la méconnaissance de l’intelligence et des facultés de compréhension des auditeurs et téléspectateurs.

Questionnement éthique :

1. Quel est l’état d’esprit qui créé les troubles ? Aristote répond dans « Politiques » que c’est le fait de se sentir défavorisé ou pas assez favorisé, que les hommes d’insurgent pour obtenir l’égalité, voire la supériorité et que ce qui motive la révolte c’est l’appât du gain, le désir des honneurs, sinon la crainte de privations d’honneur ou d’argent.

2. Que se passe-t-il dans les séditions ? Réponse : les intérêts peuvent y être de faible importance, les causes minimes alors que le conflit porte sur des choses considérables, comme des transformations en oligarchie, en régime populaire.

3. Autre son de cloche chez Machiavel lorsqu’il écrit qu’il « est nécessaire que celui qui instaure un état et y établit des lois présuppose que tous les hommes son mauvais et qu’ils doivent toujours user de leur malignité d’âme chaque fois qu’ils en ont une libre occasion.

4. Doit-on accuser les citoyens pour garder le pouvoir ? Réponse : 1. il faut pouvoir accuser les citoyens devant le peuple s’ils commettent une faute contre le gouvernement car s’ils ont peur d’être accusés ils n’entreprennent rien contre l’état et 2. ainsi on donne le moyen de s’épancher aux humeurs qui croissent dans les cités contre n’importe quel citoyen.