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Il parait que les hommes politiques mentent ?

Vérité et démarche éthique

Qu’en penser ?

vendredi 27 avril 2012, par Picospin

De nos jours – et sans doute les politiques et responsables autrefois – transgressaient aisément et à maintes reprises cette directive dont les organisations étatiques en Europe et ailleurs auraient pu prendre bien plus tôt l’initiative de la promulgation. Le courage de la responsabilité pour l’autre homme qui est la relation éthique conduit à penser à l’autre, aux joies de relations humaines vraies plus que véritables. L’autre, dans le cadre de l’exercice de la médecine, générale ou spécialisée, de la naissance à la vieillesse et à la mort désigne le malade, moins un malade quelconque qu’une personne rencontrée au creux de son lit et qui regarde toujours le sauveur, le guérisseur, le soignant de bas en haut comme pour lui signifier sa propre position de soumission et celle de celui qui détient le pouvoir de rétablir la santé, d’éviter le pire et de conduire vers un destin inconnu, source d’angoisse, de peur et d’un imaginaire débridé, fortement alimenté par une historiographie dense et variée qui ne craint pas de présenter à la conscience en extinction du mourant des représentations fantasques, incontrôlables, situées aux confins de la folie.

Réflexion

L’éthique c’est aussi bien la réflexion sur les grands problèmes de la médecine, du traitement, du pronostic et du soin que la mise en cause du comportement quotidien offert à chaque malade, quelle que soit la gravité de son état et à chaque collègue soignant. Nous serons porteurs d’espérance grâce à un engagement conçu comme un service de la vérité, au nom de celle-ci et comme souci de l’autre. On tient à l’éloge et aux honneurs dans la mesure où l’on éprouve un doute sur ses propres capacités de réussite. Celui qui est sûr d’avoir produit une œuvre viable et durable n’a plus que faire de l’éloge et se sent au-dessus de la gloire parce qu’il est créateur, qu’il le sait et que la joie qu’il en éprouve est comme une joie divine, a écrit Bergson dans « l’énergie spirituelle ». L’éthique peu être définie comme l’estime de soi, la sollicitude pour autrui et la justice à l’égard de chacun, comme le rappelait Paul Ricoeur. Dans la relation complexe et de plus en plus complexifiée entre administration, collectivité et individu, ardeur médicale et soignante, rigueur gestionnaire ne devraient pas s’écarter du sens de la mesure, de l’humain, du sens des responsabilités collectives. « Le long effort des hommes vers leur cohésion, cette chaine qui sort de la géhenne ancienne est soudée à l’or pur au feu de la franchise. La vérité fait notre joie, je n’ai plus rien à cacher, tu dois me voir tel que je suis, plus fort et plus faible que les autres, plus fort tenant ta main plus faible pour les autres » a écrit Paul Eluard.

Éluard

Les malades font confiance, encore plus au soir de leur vie et dans l’attente de leur finitude que pendant la période plus longue de la pleine possession de leurs moyens physiques, intellectuels, cognitifs et axiologiques. A une époque où les campagnes se désertifient à mesure que se dépeuplent de vastes territoires de leurs habitants inamovibles depuis des siècles, est-il plus rassurant d’entendre les promesses, les actes de foi des derniers survivants de la confrérie médicale indigène ou importée qui n’a pas peur de proclamer son credo quelle qu’en fut la teneur et quels que fussent leurs origines. Cette vérité due au malade et à son entourage et à celui de la profession de soignant dépend-elle de la conscience de soi, de la façon dont elle se forge et de sa vérité propre ? Est-ce qu’avant toute chose, il convient de résoudre le problème des rapports entre la représentation personnelle et la chose en soi dont elle est la représentation, avant de passer à l’études du rapport qu’il entretient avec la question de la vérité ? La réponse risque d’être décevante si l’on prend en compte le fait que poser le problème de la vérité en termes d’adéquation c’est poser quelque chose comme existant en soi, en dehors de la représentation, indépendamment du sujet.

Autre problématique

A cette problématique soulevée à propos de la vérité et si difficile à mener à son terme, répondent les réflexions de Berkeley et de Locke qui affirment que parce qu’elles sont exprimées mathématiquement, les qualités premières perceptibles dans les objets comme l’étendue et le mouvement sont plus susceptibles d’être détachées de la sensibilité particulière de l’observateur et partant d’être considérées comme appartenant à l’objet lui-même. Loin de s’achever sur ces considérations de la modernité, la question de la vérité a retrouvé une nouvelle force et vigueur avec la démarche de Kant au sujet de l’impératif catégorique. Cette dernière consiste à fonder la vérité d’un jugement sur la capacité de son contenu à définir une maxime universelle, susceptible et prête à être adoptée par l’ensemble du genre humain. Elle éclaire le fait qu’on assiste actuellement au développement de la référence kantienne pour refonder la notion d’une vérité possible des jugements de valeur.