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Le déclin des civilisations

Vérité et mensonges

Réalités et fictions

dimanche 5 février 2012, par Picospin

On accuse les temps modernes de favoriser le mensonge, de le promouvoir dans les milieux politiques au détriment de la vérité.

Sentir la vérité

Pascal ne dit pas autre chose quand il prétend que nous sentons une image de la vérité et ne possédons que le mensonge. Fait-il référence à la France, à l’Europe, à l’univers quand il affirme que « ce n’est point ici le pays de la vérité ». Que recherche l’homme se demande Pascal ? La réponse de l’apologiste est celle de tous :le bonheur. Où l’homme place-t-il ce bonheur ? Dans la possession du vrai et du bien. Les choses ont bien changé depuis dans un univers devenu scientifique où les frontières entre le bien et le mal, entre vérité et mensonge sont devenues si poreuses que de plus en plus d’homme y recourent pour promouvoir leurs opinions moins pour le bien de tous que pour leur bien personnel. Peut-être aussi le chemin qui conduit à la vérité est-il semé d’embuches au point qu’elle s’éloigne de plus en plus à mesure qu’on pense s’en approcher et l’atteindre. Beaucoup de personnes y aspirent, peu y réussissent ou préfèrent recourir à une vérité cachée ou un mensonge mille fois répété pour servir des causes qui ne méritent pas qu’on se serve de la vérité pour les défendre.

Justice

La justice est une de ces causes trop souvent bafouées dont pourtant des chercheurs ont démonté les mécanismes, celles de la répartition des biens comme Rawls lorsqu’il parle de la théorie de la justice. Pendant ce temps d’autres prétendent qu’il n’est aucune turpitude dont les hommes n’aient fait une loi, leurs régimes politiques sont tous fondés sur une violence primitive et se perpétuent dans l’arbitraire. Les puissances trompeuses de la coutume et de l’imagination concourent paradoxalement à l’œuvre du vrai car elles fixent en nous les vérités découvertes par l’esprit. A son époque on pouvait lire que la politique réussit le prodige de bâtir avec des êtres pleins d’avidité et d’ambition une communauté globalement paisible et ordonnée. Demandez au bon peuple ce qu’il pense aujourd’hui d’une telle description optimiste et optimisante de la société et des milieux politiques. De nos jours, nous sommes revenus à une vision plus sceptique et moins généreuse du comportement des hommes.

Théorie de la justice de Rawls

Karl Popper écrit dans « La logique de la découverte scientifique » que « la science n’est pas un système d’énoncés certains ou bien établis, non plus qu’un système progressant régulièrement vers un état final. Notre science n’est pas une connaissance - épistêmê - : elle ne peut jamais prétendre avoir atteint la vérité ni même l’un de ses substituts, telle la probabilité. » « Hommes politiques de tous bords, emberlificoteurs "timides, embarrassés" à gauche, "mielleux, un peu flasques" au centre ou "brut de décoffrage et francs du mensonge" à droite, mais aussi journalistes serviles et imposteurs : personne n’est épargné dans le nouveau pamphlet que vient de publier Jean-François Kahn, en traitant de « cette tromperie systématique qui vient de tout en haut et a contaminé la France entière : "plus personne ne peut l’endiguer". Qu’est-ce qui était vrai ?

De Karl Popper à JF Kahn

Rien ! On nous a fait prendre, non seulement des vessies pour des lanternes, au risque de se brûler, mais la régression pour la réforme, l’archaïsme pour la modernité, le recul pour l’offensive, des glands pour des truffes et de la piquette pour du château-margaux". Et de rappeler, pour étayer ces bavardages enflammés – qui, malgré leur verve caustique, flirtent parfois avec les remontrances de pilier de comptoir – quelques exemples parlants comme ce "discours de Toulon où un Président prêtait solennellement ce serment que personne n’exigeait de lui : « Dans la situation où se trouve l’économie, je ne conduirai pas une politique d’austérité parce que l’austérité aggraverait la récession. Je n’accepterai donc pas la hausse des impôts et des taxes qui réduiraient le pouvoir d’achat des Français’". A qui, à quel individu, à quelle collectivité peut-on faire confiance ? Espérons pour l’avenir des générations que le réponse sera malgré tout encore négative par une réponse d’où émergerait « à quelques uns au moins ».