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Vérité, mensonges, qui croire ?

jeudi 23 mai 2013, par Picospin

Dans cette dernière, il est fait mention de l’existence d’une identité à un fait, d’attitudes dites propositionnelles qui constituent ce qui est cru, le contenu des croyances. Quand une proposition est vraie, elle est identique à un fait et la croyance en cette proposition est considérée comme correcte. Elle deviendrait la propriété des propositions sans qu’il y ait de différence entre la vérité et la réalité à laquelle elle est supposée correspondre. Cette théorie a fait long feu à partir du moment où l’on s’est mis à considérer les porteurs de la vérité plus comme des auteurs de propositions que de croyances.

Les croyances et les faits

Ce qui a donné en substance un autre abord de la vérité : stipuler qu’une croyance n’est vraie que si, et seulement si, elle correspond à un fait. Autrement exprimée, une croyance n’est vraie que dans la mesure où elle fait partie d’un système cohérent de croyances. Du côté des positions pragmatistes, des slogans sont offerts à l’appréciation de ses utilisateurs, comme peuvent l’être la vision, l’opinion que la vérité est le point final d’une enquête ou qu’elle constitue la solution satisfaisante à l’envie de croire. Les théories pragmatistes ont une affinité avec celles de la cohérence dans la mesure où nous attendons que la fin d’une enquête devienne un système cohérent de croyances. D’autres penseurs conduisent à suivre une logique différente : c’est celle de l’importance des phrases en tant que porteurs les mieux appropriés à la vérité, à condition qu’elles soient interprétées en fonction de la totalité de leur contenu, que celui-ci ait un sens invariant au cours de ses occurrences et qu’elles ne soient en aucune façon dépendantes du contexte dans lequel elles se révèlent. Une autre théorie mérite qu’une incursion y soit faite : c’est celle de la « vérification » que l’on peut exposer de la façon suivante. Prenons pour exemple le fait qu’il existe quelque part dans l’univers une substance comme l’uranium en un lieu trop éloigné de notre position actuelle pour pouvoir être étudié au cours de la durée raisonnablement attendue, prévisible de l’univers.

Vérifier

Même si cette assertion n’est pas vérifiable, nous n’avons aucune raison valable de prétendre qu’elle est vraie ou fausse si l’on en croit les critères proposés par la théorie de la vérification de la vérité. Cette dernière est-elle unique ou multiple ? Certains l’affirment, qualifiant la vérité de la qualité d’ambiguë. Il y aurait donc un pluralisme de la vérité ce qui ferait d’elle un concept dans lequel le rôle central pourrait être joué par la fonctionnalité. A propos des objets matériels, la vérité pourrait être caractérisée par sa correspondance étroite avec des représentations, contrairement aux affirmations d’ordre moral manifestées par des assertions moins réalistes. La vérité est définie comme la conformité ou la fidélité d’une idée ou d’un jugement à son objet, autrement dit, comme la conformité de ce que l’on dit ou pense avec ce qui est réel.. Elle comporte une connotation juridique, entendue d’un point de vue judiciaire au sens de « ce qui est vrai », à savoir ce dont on peut rapporter la preuve. La diversité des interprétations du mot a engendré – et continue de le faire - bien des controverses. Les réflexions des philosophes au cours des siècles constituent autant d’avis différents. Le mot « vérité » a longtemps eu le même sens que le mot « réalité » car les deux termes sont équivalents.

La vérité:qu’est-ce ?

On entend par « vérité » un caractère de la connaissance, et de la connaissance seulement. Ce caractère, dont l’erreur est l’opposé, appartient aux perceptions, idées, représentations, ou au jugement et réside dans l’affirmation ou la négation de ce qui est. La vérité matérielle est l’adéquation entre ce qui est et le jugement que l’on énonce dans une proposition, une adéquation validée par l’expérience. Mais la nature de ce type de vérité est variable, car elle peut être qualifiée de vérité objective, relative, subjective, ou projective selon la théorie de la connaissance que l’on soutient, qu’il s’agisse du réalisme, du relativisme, du criticisme ou du constructivisme. La vérité formelle est la validité des conclusions d’un système hypothético-déductif, procédant suivant des règles de déduction à partir de postulats et d’axiomes admis. Cette vérité est indépendante du contenu des propositions logiques et dépend de son accord avec les lois de l’entendement, cas auquel la vérité devient une correspondance. Elle l’est a priori, car elle ne dépend pas de l’expérience. Ce dernier point permet d’introduire une distinction entre les vérités purement formelles celles dites a priori, appelées vérités analytiques. Si celles-ci sont nécessaires, elles ne nous apprennent rien sur le monde. Les vérités tirées de l’expérience sont des vérités synthétiques, liaisons de termes supposés convenir à des êtres dont l’existence est contingente.

Métaphysique

La vérité métaphysique qui remonte d’une hypothèse à ses conditions, suppose l’existence d’un référent ontologique existant en soi. Dans ce cas, on distingue vérité absolue et vérité relative. La vérité d’une croyance ou d’une opinion est la vérité d’une proposition qui s’accorde avec un ensemble de croyances qui lui préexistent. Cette vérité est appelée cohérente. Selon l’une des plus anciennes conceptions de la vérité, celle d’Aristote, celle-ci est le résultat de « l’accord de nos jugements de perception ou de connaissance avec la réalité. » Une idée peut être appelée « fausse », si elle ne correspond à rien de réel ni de possible comme celle de chimères, de centaures, de dieux ou « vraie » si elle correspond à des choses réelles comme les idées d’homme ou de cheval. Dans cette conception classique, la vérité devient une « qualité ». Il y a d’une part la réalité, d’autre part des jugements qui sont en accord avec elle ; il n’existe pas une troisième « chose » qui serait la vérité. La vérité est le caractère que prennent certains jugements.

La vérité se fait

Par suite, la vérité n’est pas une donnée toute faite, elle se fait, elle est le fruit de l’effort et de la recherche. Mais c’est dans le jugement exprimant une connaissance seule que semblent résider l’erreur et la vérité proprement dites. Il n’y a erreur que pour celui qui affirme l’existence de la chimère et du centaure, de même il n’y a vérité que pour celui qui nie leur existence, ou qui affirme celle de l’homme ou du cheval. Une telle théorie de la vérité repose sur l’idée que celle-ci doit être en adéquation, ou en correspondance, avec un état de choses réel. La vérité est l’affirmation de ce qui existe ou la négation de ce qui n’existe pas, donc l’accord de nos jugements avec la réalité. Le problème est de savoir ce que l’on va tenir pour réel. On objectera que la réalité métaphysique et absolue n’est pas accessible à la connaissance. Ce à quoi l’on peut répondre que la plupart de nos jugements ne concernent en rien la réalité métaphysique et absolue, mais les différents êtres et phénomènes qui sont objets d’expérience, de perception. Les objets et phénomènes se ramènent à nos représentations et à celles des autres sujets conscients.

Vérité et perceptions

La vérité ne consiste pas dans l’accord de nos jugements avec une réalité extérieure à notre esprit, mais dans l’accord avec la pensée elle-même, par conséquent avec ses propres perceptions et avec les perceptions des autres esprits. Une proposition exprime une pensée qui contient des mots renvoyant à des concepts. Elle est dotée d’une structure interne, et en même temps forme un tout. Quand elle exprime la pensée, cette proposition l’unifie en appelant de la part du récepteur la forme d’une acceptation ou d’un refus. De là, les deux alternatives de la logique classique : une proposition est vraie ou fausse..