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Moralisation du Marché ?

Vers une nouvelle Ethique du Marché des changes et des opérations de Bourse ?

La réaction (tardive) des autorités de contrôle de la Bourse et des Banques

dimanche 8 février 2009, par Picospin

Ce faisant, il a fustigé la combinaison dangereuse entre avarice, manque de rigueur dans la tenue des comptes et faible supervision au sujet de l’argent des autres et en particulier au sujet de la manière dont les banquiers l’utilisent.

Un livre d’avant-garde

Publié en 1914, ce livre a été fondé sur les révélations du Comité de la Chambre des Représentants sur les pratiques de prédation de JP Morgan et d’autres gros banquiers. « L’argent des autres » a influencé la politique de Woodrow Wilson et celle du New Deal de Roosevelt. Il offre également de bonnes leçons pour aujourd’hui. La crise que nous traversons actuellement a été en grand partie alimentée par des banquiers qui se sont servi largement de l’argent des autres pour jouer et parier avec ces espèces sonnantes et trébuchantes. Ils ont utilisé à leur profit les hypothèques, on prélevé leurs gains puis ont laissé le autres se débrouiller avec leurs portefeuilles pleins d’avoirs sans aucune valeur, voire même toxiques. C’est exactement le type de comportement que Brandeis a dénoncé jadis. Il pensait qu’il y avait d’une part une chose pour un individu de placer de l’argent dans des capitaux à risques avec lequel on jouait pour gagner mais qu’on était disposé à perdre. Mais ce qu’il a vu, c’étaient des banquiers entrant dans des combines qui manipulaient les marchés aux dépens de petits entrepreneurs ou de modestes consommateurs. En tant que Président, Wilson tenta de mettre un terme à ces manoeuvres. Après avoir lu son livre, il fit venir Brandeis pour l’aider à coucher sur le papier des projets de lois susceptibles de redresser la moralité de ces pratiques. Ces mesures permirent au Congrès de se débarrasser du contrôle des banques et de mettre en route de nouvelles règles pour une concurrence plus saine. Les banques trouvèrent rapidement les moyens de contourner ces dispositifs.

Contournement des règles

Les banquiers ont encouragé l’achat d’actions à des prix laissant seulement une petite marge de manœuvre et accordant des rabais pour ensuite financer la différence par des prêts pendant que leurs vendeurs soldaient les actions. Ensuite le marché des actions s’est écroulé en automne 1929 entrainant dans sa chute tout le système bancaire. Pendant la Grande Dépression les gens se sont tourné une fois de plus vers le même Brandeis. Les lois qui avaient accompagné le « New Deal » avaient imposé des règlements sur les termes échus depuis longtemps, avaient requis la séparation entre les tâches échues à la banque et les manipulations sur les opérations boursières, puis demandèrent à la division qui s’occupait des titres de procéder à la régulation de la bourse. Brandeis, lui croyait à la liberté du marché, en particulier celui qui était encouragé par le gouvernement pour se livrer à des affaires saines où la concurrence serait honnête et le succès appartiendrait aux collaborateurs les plus talentueux. Pour lui, des règles de fonctionnement clairement établies permettraient de s’assurer que les affaires seraient conclues de façon légale et honnête. Il serait assurément sage pour Obama de tenir compte des conseils de cet expert du passé avant de chercher à imposer des règles de fonctionnement plus strictes concernant les affaires de banque et de bourse. Pour ce faire, les plans à proposer doivent assurément avoir un objectif qui dépasse la seule cosmétique. Par exemple, la Commission des opérations sur titres et celle des opérations de bourse semblent avoir abandonné leurs responsabilités respectives au cours des années Bush ce qui a eu pour conséquences le fait que maintenant nous devons en payer le prix.

Comportements immoraux

Au moment où nous sortirons de la crise actuelle en titubant, des mises en accusation comme celle du livre dont nous avons mentionné l’existence et le comportement immoral des banques auront toutes les chances de trouver un autre accueil et une nouvelle audience. Quelques banquiers se seront peut-être assagi, au moins momentanément. Cela ne les empêchera pas de se plaindre d’une réglementation trop stricte qui risquera, selon eux d’avoir des implications indésirables avec le marché. Ne les écoutez pas. Une bonne règlementation permettra de nous prémunir contre une vision trop rapprochée des principes dont Brandeis a parlé si éloquemment il y a déjà de nombreuses années – l’honnêteté, l’ouverture d’esprit et la droiture dans l’action. Pendant ce temps, le Président Sarkozy, reconverti a une autre éthique, veut limiter les bonus des traders, ces jeunes gens qui jouent à spéculer et dont les rémunérations sont indexées sur la prime de risque, ce qui aurait conduit à la catastrophe que l’on connait et que l’on doit absolument interdire. Cette incitation très forte pourrait rapidement aboutir pour les banques à réformer le mode de rémunération des professionnels du marché, sous la haute surveillance des grands établissement bancaires et de l’autorité des Marchés Financiers. Il s’agit là d’un véritable Code Ethique qui devrait rapidement être soumis à la Ministre de l’Economie.