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Cohérence, intelligibilité, transcendance

Vie valeureuse ou vie qui a un sens

Vie futile et gâchée ?

mardi 12 février 2013, par Picospin

L’envers de la question se situe dans les interrogations sur les principes généraux visant à obtenir de la signification, du sens. Ce dernier devient en ce cas tributaire de l’existence ou non de Dieu, d’une âme à la condition expresse que l’individu contracte avec le premier et la seconde un certain type de relation, faute de quoi la vie devient vide de sens.

Théories naturalistes

Les théories « naturalistes supposent que leurs vues sur la nature et le sens de la vision de la vie reposent sur un cadre spiritualiste, faute de quoi on se rapproche des théories naturalistes qui relève seulement d’une connaissance par la science. Ces considérations opposées laissent cependant une place logique pour une théorie non naturaliste selon laquelle le sens est fonction de propriétés abstraites qui ne sont ni spiritualistes ni physiques. Les penseurs « supernaturalistes » appartenant à la tradition monothéiste se partagent entre les visionnaires centrés sur Dieu et ceux qui le sont sur l’âme. Dans le premier cas, il existe un lien avec Dieu entendu comme personne spiritualiste qui sait tout, est plein de bonté et de puissance et qui se situe à la base de l’univers physique pour constituer un sens de la vie construit en tant que substance immortelle et spirituelle. Dans le second, on estime qu’on a une âme à mettre dans un certain état propice à donner un sens à la vie même su Dieu n’existe pas.

Les Plans de Dieu

L’idée la plus répandue chez les adhérents de la première position est que Dieu a un plan pour l’Univers et que sa propre vie réalise ce dessein, sans doute dans un sens que Dieu souhaite pour qu’il en soit fait ainsi. Remplir les intentions de Dieu serait, en ce cas, la seule source de sens ce qui ne sous-entend nullement qu’il faille pour cela être convaincu de la réalité d’une existence après la mort. Cependant, si une personne n’accomplit pas ce que Dieu voudrait qu’il fasse ou qu’il ait fait de sa vie, alors, sa vie devra être considérée comme dépourvue de sens. A la base de cette condition, on entrevoit l’idée que pour qu’une condition finie ait du sens, elle doit tenir sa signification d’une autre condition qui ait du sens. Si une vie a du sens, elle peut l’avoir obtenu en vertu du mariage avec une personne qui est importante. Étant fini, l’époux ou l’épouse doit obtenir son importance d’ailleurs, peut-être du genre de travail qu’il accomplit, lui-même prenant son sens de quelque chose d’autre qui fasse sens.

Stéréotypes

Les considérations sur l’existence de Dieu se heurtent ou se trouvent confrontées aux stéréotypes de vie tels qu’ils ont été présentés par Einstein, Mère Teresa ou Picasso qui tous prennent une certaine signification même dans l’hypothèse d’une absence totale de toute spiritualité parée des attributs de la connaissance, du pouvoir ou de la bonté capables de bâtir les fondations d’un monde physique. A ce carrefour, surgit la question de la différence éventuelle entre le sens profond et celui qui l’est moins et celle qui a trait à la nécessité d’une existence spirituelle si l’on adopte la première hypothèse. Pour que Dieu puisse être rendu responsable de signification dans nos vies, Il doit posséder des qualités qu’on ne trouve pas ailleurs dans le monde naturel, des qualités supérieures à tout autre bien détectable dans l’Univers physique. Pour certains, le sens dépend de l’existence ou non d’un être parfait où la perfection requiert des caractéristiques d’atemporalité, de simplicité et d’immuabilité dont l’expression n’est possible qua dans un cadre spirituel. A moins que le sens provienne de l’amour d’un être parfait ou de la propre orientation de sa vie envers lui ou encore de son imitation ou de l’exécution de ses desseins et objectifs.

Dilemme ?

Cette théorie se heurte à un sérieux dilemme. D’une part, si l’on accepte l’idée que Dieu est l’unique source de sens, Il doit être complètement différent de nous. Si c’était le contraire, plus Dieu nous ressemblerait et plus nous aurions de raisons de penser que nous pourrions obtenir du sens à partir de notre propre existence en l’absence de Dieu. D’un autre côté, plus Dieu est différent de nous, moins il serait évident d’obtenir du sens en nous référant à Lui. Comment peut-on aimer un être incapable de changement ? Comment peut-on l’imiter ? Est-ce qu’un être immuable, intemporel, peut seulement avoir des objectifs, un dessein ? être véritablement une personne ? Plus est, pourquoi croire qu’un être totalement parfait est indispensable pour donner du sens ? Pour quelle raison cette tâche, cette mission ne serait-elle pas conférée à un être très bon, quoique imparfait ?

Une âme

La vision qui fait intervenir le concept de l’existence d’une âme provient de la référence à une substance immortelle, spirituelle, capable de surpasser son propre corps tant qu’il est vivant et de lui survivre quand il est mort. Si on n’a pas d’âme ou si on en a une qui prenne le mauvais chemin la vie peut être dénuée de tout sens. Pour qu’une vie ait du sens, croit Tolstoï, il faut que toute action crée une différence permanente pour le monde et que ce faisant soit réalisé la pleine expression immortelle et spirituelle du moi. Nombreux pourtant sont ceux qui se demandent si l’effet de l’infini est indispensable pour acquérir la valeur du sens. Pour d’autres il ne serait pas indispensable d’être immortel pour imprimer une influence indéfinie, laisser une marque indélébile.