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Au service de l’individu

Vieux débat sans nouvelle solution

Ou à celui de la cité ?

lundi 9 août 2010, par Picospin

En ce début d’aout qui marque aussi celui des vacances d’été parvenues à leur acmé, on continue de s’interroger sur le bienfondé du travail le dimanche, à propos duquel le quotidien « Le Monde » rappelle que « le 10 août 2009 était adoptée la loi sur le travail du dimanche » tout en poursuivant par une série de questions ce que le public pensait de cette initiative, de l’application de ce texte, des conditions de travail et des lieux d’activité et des rémunérations accompagnant la mise en place de ce dispositif.

Question ?

Dès lors, la question qui mérite d’être débattue est la suivante : est-ce que ce mode de vie doit être maintenu dans la stabilité ou est-on en droit de réfléchir avec un argumentaire rationnel, modernisé, conforme à une plasticité cérébrale proportionnelle à sa rapidité d’adaptation aux solutions offertes par un nouvel organigramme dans la cité. Au sein de cette dernière, l’activité professionnelle prend une place de plus en plus grande à mesure que grandit la prise de conscience d’une obligation de service et de résultats à l’intention des individus et des rassemblements. Ces derniers font un appel de plus en plus large et organisé aux manifestations impliquant des catégories de populations dont l’isolement au sein des masses devient plus pertinent, plus percutant, plus visible et moins facile à supporter pour les exclus de la société, ceux qui risquent de l’être et ceux qui sont sur le point de franchir la frontière entre agglomérations et déserts. Les réjouissances des populations sont de plus en plus souvent centrées sur le spectacle, l’exhibition, les rassemblements à visée affective, communautaire, émotionnelle au détriment de la réflexion individuelle, du plaisir et des joies de la conversation.

Solitude

La solitude continue de devenir le point d’achoppement des grandes cités dans lesquelles l’individu se perd au risque d’une dilution apte à effacer la personnalité, sinon l’identité et l’ipséité. Cette évolution rapide de la société rejette dans des organisations catégorielles, professionnelles, réparties selon l’âge et le genre, les inadaptés de tous bords cherchant désespérément à se raccrocher à toute bouée pour peu qu’elle exhibe ses capacités de flotter, surnager et offrir une chance de survie à tous ceux accablés par la perspective de n’en trouver aucune. C’est ainsi que l’on a vu à l’été 2003, les dégâts physiques et psychologiques témoignés par les personnes âgées isolées et abandonnées au milieu d’une canicule qui les laissait dans l’abandon par l’hôpital surchargé, les familles en vacances, la déshydratation menaçante et l’absence de toute aide de la part des organismes chargés du soutien des corps et des esprits, cloitrés dans leurs mansardes parisiennes surchauffées, et manquant d’apports hydriques élémentaires et essentiels à cet âge car, comme on le sait, les personnes âgées, plus difficiles à être traitées de « vieillards » doivent boire même s’ils ne sentent pas la soif.

Repos dominical sacré ?

Dans ces situations extrêmes, doit-on continuer à respecter la sacralité du repos dominical même si d’aucuns sentent et savent que ce jour est constitué des 24 heures élémentaires pendant lesquelles la conservation de l’équilibre homéothermique impose la recherche obstinée d’une stabilité permettant tout simplement la continuation de la vie. C’est ce qui a fait défaut au cours de « l’été 2003 », celui qui s’est soldé par 15.000 décès à Paris parmi les abandonnés d’une civilisation désertifiée par l’exode des vacanciers vers une Egypte symbolique. Seulement à la différence de cette fuite à dos d’âne justifiée par les croix dessinées par Hérode, l’exode sur la A7 ne relève d’aucun signe prémonitoire si ce n’est celui des agences immobilières ou des chaines hôtelières, parfois seulement de croix gammées sur les tombes de soldats depuis longtemps libérés de leurs obligations militaires. SAMU et pompiers ramassent blessés et malades même le dimanche, le lundi aussi férié que le précédent simplement parce qu’il le suit.

Est-ce une raison pour qu’à l’inverse, dépôts et magasins, pharmacies et laboratoires, dentistes et coiffeurs restent obstinément verrouillés aux besoins et demandes des habitants de la cité ?