Les échanges étaient fermes, atteignaient des propositions extrêmes, parfois même en dehors, au-dessus et au-delà des lois et de la République et de l’Union Européenne. A cette occasion, les vieux démons réapparurent dans toute leur vigueur sur les « gens qui étaient mauvais » plus souvent cités que ceux qui étaient bons, deux catégories immuables d’après certains, figés pour l’éternité dans leur béatitude ou leur caractère démoniaque ce qui faisait envisager à l’heure du jugement dernier la montée au ciel pour les derniers, celle de la descente aux enfers pour les premiers. On eût dit d’un tableau de Michel-Ange élevant par la grâce du peintre et du créateur les uns vers la béatitude, les autres vers les flammes de l’enfer où le feu serait éternel puisqu’on n’a vu apparaître nulle part ni à aucun moment une évolution, une chance de salut ou de rédemption, une dynamique de l’espérance ce qui, en pays de civilisation plus chrétienne que laïque ne manquait pas de surprendre d’autant plus que ces origines avaient été clairement revendiquées par les autorités gouvernementales actuelles. On avait recours à toute une armada de nouvelle technologie pour suivre par des nanotechnologies les déplacements instantanés du prisonnier, du coupable et non du prévenu puisque le premier avait déjà été l’objet d’un jugement prononcé en bonne et due forme ce qui lui accordait le privilège de porter force bracelets, une électronique « embarquée » qui permettait un repérage dans le temps et l’espace beaucoup plus précis que celui qui était censé assurer le calcul de la vitesse d’un aéronef transportant quelque part entre Rio et Paris non pas un coupable mais plus de 200 qui avaient eu la malencontreuse idée de s’embarquer sur un avion dont les instruments avaient été incapables de dire aux malheureux pilotes à quelle vitesse il se déplaçait dans les ciels des tropiques au-dessus des nuages susceptibles de se transformer pour un oui ou pour un nom en givre bloquant définitivement le fonctionnement de sondes dites « Pitot » dont depuis longtemps reconnaissait la fragilité, l’inconstance, le manque de fiabilité et de précision. Jusqu’au moment où quelqu’un appartenant à la docte assemblée réunie à l’initiative du responsable de l’émission a prononcé le mot de la fin « retour de la peine de mort ». C’est malheureusement le destin qu’ont subi les 220 passagers et membres de l’équipage de l’Airbus d’Air France, coupables moins de viol que de vol prémédité