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Des flux migratoires

Voyage dans le plasma du cosmos

Interventions dans le vivre ensemble

lundi 7 décembre 2009, par Picospin

En réalité, les intervenants dans le débat sur les effets de la coexistence sur les mêmes territoires de deux cultures différentes autrefois séparées par des Croisades dont la violence n’est pas près d’être oubliée par les historiens, les protagonistes des batailles et le volontaires engagés dans la conquête du Saint Sépulcre au cours du pèlerinage armé, le "pèlerinage à Jérusalem" – lequel vaut rémission des péchés – et la "guerre juste" contre les ennemis de l’Église. Pour le pape, c’est aussi le moyen de rassembler sous la bannière de l’Église la chevalerie d’Occident et d’imposer sa prééminence sur toute la chrétienté.

Huit croisades se sont succédé entre 1095 et 1270, engageant plusieurs centaines de milliers de chrétiens. Au concile de Clermont, le pape Urbain II (1042-1099) décide de prêcher la croisade, promettant la remise de pénitence à tous ceux qui endosseront la "croix" du Christ pour reprendre le Saint-Sépulcre aux musulmans. Cet appel remporte immédiatement un très grand succès auprès des chevaliers et des classes populaires, galvanisées par des prédicateurs comme Pierre l’Ermite. Certains de ces groupes s’en prennent aux communautés juives des villes qu’ils traversent mais plusieurs seront dispersés en route. Seules les armées constituées arrivent à Constantinople, en 1096. L’année suivante, elles se dirigent vers la Syrie au moment où la croisade se transforme en une véritable entreprise de conquête. Puis les croisés s’emparent de Jérusalem qu’ils mettent à sac l’année suivante conquièrent l’ensemble du pays et des ports du littoral. Constamment menacés par les Turcs, les quatre États latins résistent victorieusement au cours des décennies suivantes. Ce ne sont pas ces épisodes célèbres dans l’histoire sur lesquels se sont penchés des centaines d’historiens, religieux, philosophes, anthropologues qui ont suscité plus récemment l’intérêt des politologues mais plutôt les problèmes posés par la coexistence ou les modes du vivre ensemble du flux de population arrivé sur notre continent en terre chrétienne et à un autre degré en milieu ethniquement pur de laïcité, fierté de la nation française, de la République qui se plait à évoquer le succès remporté par la solution du problème religieux en France à une époque où il s’agissait de garder en paix des communautés constituées d’une majorité catholique, d’une minorité protestante, depuis longtemps réduite par la domination de la première et une minuscule communauté juive réduite au silence et à la paix par la signature de conventions et de traités pacifiques mettant au repos une parti de l’antisémitisme latent dans les milieux français majoritaires. À l’égard du monde musulman, les croisés sont apparus comme des ennemis et des envahisseurs. Ils sont tenus pour des barbares, ignorants et vulgaires, auxquels seule la qualité de combattants est reconnue. Le souvenir des croisades survit, jusqu’à nos jours, dans la permanence du culte des héros musulmans qui ont mené le djihad : Zengî, Nûr al-Dîn et Saladin notamment. Cet affrontement n’a toutefois pas arrêté l’expansion de l’islam : les musulmans s’emparent de Constantinople en 1453 et campent devant Vienne en 1529. La communauté juive a également vécu les croisades comme une agression. Á partir de la fin du XIIe siècle, l’hostilité envers les juifs se développe en Europe. Des massacres sont perpétrés dans l’Empire germanique au départ des deux premières expéditions et tout au long des chemins. Après l’établissement des États latins en Terre sainte, les quartiers juifs subsistent, sauf à Jérusalem qui demeure interdite. De fortes redevances leur sont imposées pour alimenter les "trésors" de croisade. En 1215, le port d’un signe distinctif devient obligatoire. La réflexion a moins porté sur le symbolisme, l’architecture, la hauteur des minarets, objet du référendum helvétique que de la manière dont on pourrait en France, si un tel vote devait avoir lieu, décider des mesures à prendre, organiser à cette occasion les rapports entre le Parlement, la peuple et le gouvernement pour parvenir à un consensus, au moins à une décision sur les options à envisager pour régler le problème tout nouveau posé par l’arrivée du flux d’immigrés venus chercher en France du travail, un moyen de subsistance, de protection sociale et un vivre ensemble pacifique qui ne soit pas troublé par des heurts entre les communautés en choisissant la ghettoïsation dans de lointaines banlieues ou l’intégration dans un vaste ensemble en utilisant des techniques politiques de la discussion empirique, des discussions d’opinion, de la discussion au sein d’une démocratie participative qui permettrait de calmer les esprits, d’éviter la peur de l’autre, d’adoucir l’irruption dans la démocratie représentative d’une effraction permettant de préparer la confrontation par le débat, de prévoir le retour du refoulé et de tenter la mise en marche de l’ancien suffrage censitaire universel capable de prévenir en même temps la pose d’un voile sur la réalité des faits, trop souvent cachés, à l’instar de la position bien connue et représentée de l’autruche. Pourrait-on par la même occasion sortir du cercle infernal du prosélytisme, des dérives extrémistes, pour atterrir sur un terrain favorable au pluralisme après que les ardeurs des confrontations et des tension se soient dissoutes dans un plasma cosmique refroidi progressivement pour faire naitre d’autres planètes intellectuelles, spirituelles, scientifiques gouvernées par la raison, la coopération, le consensus, l’harmonie et la paix.