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A bord du gros porteur

Voyages dans le temps et l’espace

Conditions axiomatiques de la politique

jeudi 11 novembre 2010, par Picospin

Tous mes regrets pour ce producteur de cinéma italien qui a su choisir une véritable star intelligente et excellente actrice, de travailler avec les meilleurs cinéastes de son temps et de diriger les acteurs les plus cultivés de leur époque.

La deuxième destruction de Pompéi

Comme Pompéi, le cinéma italien montre de sérieuses tendances à l’effondrement de ses structures matérielles et humaines après un long épisode de gloire au cours duquel il a su nous montrer un monde d’humour, d e joie, de caricature, de tragicomique comme nul n’a été capable de le réaliser après lui. Il est dommage que les sentiments esthétiques du leader actuel dans la péninsule ne l’aient pas incité à soutenir ce cinéma merveilleux et son personnel exceptionnel, depuis les metteurs en scène de la race des Fellini, Rossellini, Comencini, Antonioni jusqu’aux acteurs de la trempe des Mastroianni, Gassman ou Sordi, tous capables de crever l’écran pour venir jusqu’à nous pour apporter leur fantastique talent, leur épaisseur, leur joie de vivre communicative et leur sens de l’humour teinté d’humanité et des reflets de la vie difficile, parfois dramatique, jamais désespérée.

Une lignée de génie

Par là, ils se situaient dans le lignée d’un Charlie Chaplin, à la différence près que lui n’a pas eu le bonheur ou la chance de créer une école et d’inspirer un style mais a bénéficié de moins de chance pour fonder une école qui lui eut ressemblé et continué son œuvre en la modulant selon l’impact des successeurs, collaborateurs éventuels susceptibles d’incarner une lignée, un style, une passion et de diffuser des signifiants. Pendant ce temps, les économistes, gouvernants et financiers s’en vont sur gros porteurs, vers une destination commune à bord d’énormes longs courriers à leur effigie avec le risque d’inspirer plus d’envie, de jalousie et d’opprobre que de sympathie, d’amitié et d’affinité. Le gout du pouvoir ne s’évanouit jamais par miracle, ni par intervention de la raison, de la sagesse, de la modestie ou du recours aux véritables valeurs.

Apprécier ou déprécier ?

Au lieu de discuter indéfiniment de la valeur de l’argent, de son argent, celui que détient une société, une nation, un pouvoir, il serait plus utile et profitable pour les citoyens de « mettre sur la table » comme le disent maintenant avec snobisme les élus politiques, médiatiques et responsables de notre monde, de parler d’axiologie la houlette plus générale et universelle d’une définition de la hiérarchie des valeurs, de la placer sous la protection et les auspices de la double hiérarchie de l’éthique et de l’esthétique en tentant d’atteindre un maximum d’objectivité en s’interdisant tout jugement de valeur et toute critique de ce qui fait l’objet de son analyse. Puisque nous sommes en occident tout au moins, et des êtres de raison, pourquoi ne pas utiliser cette dernière pour l’éclaircissement des dogmes, antinomies et contradictions qui traversent en permanence des thèmes aussi complexes et contradictoires que le capitalisme sous la domination duquel nous vivons, la bureaucratie qui étouffe et décourage, l’État qui effraie sinon terrorise ou les religions dont le dogmatisme écrase.

Conduites de vie

Or, parmi les éléments les plus importants qui façonnent la conduite de vie, on trouve dans le passé les puissances magiques et religieuses et les idées éthiques de devoir qui s’ancrent dans la croyance et la soumission à ces puissances. C’est à bord des plus gros porteurs que les appétits de pouvoir vont s’exprimer de façon caricaturale, excessive et irrationnelle, chez des hommes politiques dans la définition desquels entre le terme « d’homme » comme le remarquait encore hier un député de la majorité en France qui tentait vainement ou pas, de sauver ce qui peut l’être encore chez des « étants » dont l’objectif de vie se nichait à la hauteur factice de l’exercice de la domination pour rien.

Pouvoir et domination

Cette démarche est d’autant plus curieuse qu’elle apporte bien plus de soucis, de malheurs, de déceptions et d’inconfort que de joie de vivre, de bonheur et de sérénité. On peut se demander s’il ne s’agit pas tout simplement d’une drogue, à chaque instant renforcée avant d’être alimentée par un dopage à l’instar des « compléments nutritionnels » qu’absorbent sur leur bicyclette inconfortable les champions cyclistes qui ont besoin de ces facteurs pour accomplir le fameux parcours de près de 4000 km qu’exige le trop populaire Tour de France. Dans ce jeu d’homme à homme et d’équipe à équipe, le mimétisme est accusé de jouer de vilains « Tours » aux coureurs les plus fragiles comme les plus robustes.

Mimétismes

Chacun a droit dans cette folle aventure de montrer à un moment ou un autre sa faiblesse et son excessive ardeur à triompher des obstacles, de la souffrance, des handicaps et de ses défaillances. Ces dernières ne sont pas autorisées à l’exhibition dans les domaines de la politique pour ne pas montrer au rival la situation de faiblesse, de vulnérabilité, d’instabilité dans laquelle on se trouve. Au moment d’un « remaniement ministériel », ce jeu change de règles, parfois de joueurs, plus rarement d’arbitres mais jamais de juge. A chacun de tenir compte de cette situation pour tirer au mieux le plus d’épingles de son jeu en faisant attention de ne pas s’y piquer.