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Woody Allen...

Whatever Works

Evasion à New York

mardi 1er septembre 2009, par Picospin

Boris lui accorde l’asile pour quelques nuits. Rapidement, Melody s’installe. Les commentaires cyniques de Boris n’entament pas sa joie de vivre et peu à peu, cet étrange couple apprend à cohabiter. Malgré son esprit supérieur, Boris finit par apprécier la compagnie de cette simple jeune femme et contre toute attente, ils vont même jusqu’à se marier, trouvant chacun leur équilibre dans la différence de l’autre.

Un bonheur troublé

Un an plus tard, leur bonheur est troublé par l’arrivée soudaine de la mère de Melody, Marietta. Celle-ci a fui son mari, qui l’a trompée avec sa meilleure amie. Découvrant que sa fille est non seulement mariée, mais que son époux est un vieil excentrique bien plus âgé qu’elle, Marietta s’évanouit. Pour détendre l’atmosphère, Boris emmène Melody et sa mère au restaurant avec un ami, Leo Brockman...Le dernier film de Woody Allen est un des plus optimistes qu’il ait produits. C’est dans cet esprit qu’il propose aux gens qui le regardent à travers le personnage de son double incarné par un de ses amis de la télévision américaine, connu pour sa misanthropie, son scepticisme et son caractère presque schizophrène qui l’empêchent d’être heureux, alors qu’une jolie blonde aux merveilleux yeux bleus lui tombe dans son logis plus que dans ses bras et que s’il a manqué le prix Nobel de peu, il passe son temps à enseigner le jeu d’échecs à de jeunes élèves peu doués mais fascinés par l’intérêt de cet exercice.

Des visions ?

Il tente d’intéresser les spectateurs potentiels mais encore invisibles à ses facéties, à ses conceptions de l’existence et à sa recherche du bonheur à travers les relations qu’il noue avec ses collègues de rencontre, ses amis venus de l’art, de la photographie mais que pas tous les spectateurs virtuels du film parviennent à reconnaître. Comme pour les visions de Chrétiens fervents qu’il rencontre sur son chemin, les mystiques sot victimes d’hallucinations collectives sous et par les mystères de la caméra qui, comme dans tous les films de Woody Allen se promène allègrement dans New York avant de pénétrer pour longtemps dans des logements pauvres mais agréables à vivre surtout quand c’est la jeune et jolie partenaire d’un jour qui demande protection et anime ce lieu déserté par son épouse qui vient de le quitter.

Un nouveau Pygmalion

C’est à partir de ce moment que l’hôte se transforme en Pygmalion pour expliquer à la jeune et écervelée beauté les rudiments de la science, de la philosophie, surtout celle de la vie qui se trouve être aussi celle d’un Woody métamorphosé moins par le scepticisme que par une grâce dont on cherche vainement l’origine. Le film est tourné avec une rare maitrise de la caméra, de la perfection du jeu des acteurs, de la rapidité du montage sans que ce dernier heurte les sensibilités et finisse par emporter le spectateur dans un plongeon final, à force de brutalité comme pour un autre suicide raté à travers les vitres ou vitraux d’un banal appartement américain.

Justesse

Tout est juste, à son vrai rythme, dans une compositions parfaitement incarnée dans cette oeuvre d’un maitre qu’on croyait éteint mais qui garde encore assez de réserves pour régaler fans et jaloux avec des inventions permanentes qui éclatent comme feux d’artifice et rendent hilares les plus sceptiques et la plus grognons d’entre les spectateurs jaloux de se trouver confrontés à un créateur toujours présent, actif, inventif joyeux d’exploiter son talent avec autant de maitrise et de verve.