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Wikileaks, l’Amérique, les Indiens et les Européens

lundi 13 décembre 2010, par Picospin

Du moins, ce qu’il laisse paraître de ses richesses personnelles ne provoque pas encore l’admiration au point de susciter des louanges sur son éducation, se délicatesse, se rhétorique, la qualité de sa langue, même si elle n’est pas authentiquement maternelle. Qu’il soir fasciné par l’Amérique n’a rien d’extraordinaire.

Fascination

D’autres le sont en raison de son passé, de son histoire, de sa construction, de l’édifice intelligent et somptueux qui a été construit pour le bénéfice d’une nation qui a fait d’immenses progrès en termes de civisme, de droit, de jurisprudence et même de littérature, de philosophie et surtout d’éducation, tout au moins dans les sphères les plus élevées de la hiérarchie pédagogique. Que l’homme venu de l’est européen à la conquête d’une France qui lui a tendu les bras pour l’embrasser et le serrer sur son cœur tient d’une attirance normale pour une victime des conditions ayant régné en Europe surtout dans son extrémité orientale sur les débris d’un empire austro-hongrois dilacéré par une guerre folle et victime des plus grands massacres perpétrés par une folie qu’on veut espérer épisodique, comme une parenthèse du déraisonnable au sein de peuples considérés comme rationnels, intelligents, pondérés.

Sauvageries

C’est pour toutes ces raisons que les comportements qui ont saisi brusquement les nations les plus tolérantes, les plus cultivées ont surpris tous les observateurs qui ne parvenaient plus à comprendre les raisons de cette démence du meurtre, du désir d’extinction, de déportations massives et de flux migratoires imposés par la volonté de dirigeants qu’on croyait animés des meilleures intentions et qui se sont laissé aller à prendre des décisions où l’on ne retrouvait plus trace d’éthique, de recherche du bonheur, d’intérêt pour l’autre, de respect et de tolérance. Au lieu de ce visage, c’est l’inverse qu’on a vu arriver, précédé de motocyclistes meurtriers, de voitures ravageuses et de chars écrasant de leurs chenilles les sols encore fertiles d’Ukraine et de la plaine hongroise qui n’avaient rien à envier au Middlewest américain capable de nourrir la moitié du globe.

Un envoyé

Que notre envoyé magyar piétinant d’impatience de découvrir un monde civilisé dont il avait du rêver depuis longtemps, se soit entiché du modernisme, de l’esprit d’entreprise, de la spontanéité des Américains n’a en soi rien d’exceptionnel, tant était grande l’attraction pour les Européens de ce pays d’immigration accueillant dans son fameux « melting pot » tout ce que le monde contenait de réfugiés en puissance, d’apatrides, d’individus chassés de leurs terres, de leurs territoires quand on ne les enfermai pas dans les camps qui devaient rapidement devenir ceux de la mort, non seulement pour femmes et vieillards mais aussi pour enfants désemparés, séparés de leurs parents et de leur protection dans un drame dont on avait eu aucun précédent jusqu’ici. Personne n’avait compris cette démesure dans l’idéologie, le massacre, le gout du thanatos s’abattant sur un monde que beaucoup ont cru abandonné par Dieu et définitivement laissé au diable, aux dictateurs ivres de sang et de la souffrance des autres.

Sympathie

La sympathie, éventuellement légitime pour un pays décortiqué, analysé et compris par une figure intelligente telle que Tocqueville, peut parfaitement se comprendre à la lumière d’une constitution inspirée par celle de la Révolution Française. Elle est moins évidente pour un homme comme Bush, à peine rescapé des malheurs de la prohibition et qui de ce fait n’a sans doute pas bénéficié d’un large accès aux connaissances si bien dispensées aux jeunes étudiants par de jeunes enseignants qui font chaque jour de l’enseignement un plaisir, une joie et un épanouissement et des classes un lieu de convivialité, d’échange où l’esprit de compétition n’efface pas totalement le gout pour l’effort commun, la joie de vivre malgré une attirance trop passionnelle pour les armes à feu, séquelle et souvenir lointain mais profondément ancré d’un débarquement sur les cotes orientales du nouveau pays à explorer pour y planter les tentes irlandaises, italiennes ou allemandes, où les rencontres avec la réalité et le mythe de l’indien sauvage restaient enfouies dans les mémoires.

Croisements sans danger

Les sympathies entre gouvernants de France et d’Amérique se croisent, s’entrecroisent, se rencontrent sans jamais s’affronter ou se confronter. "Votre visite intervient à un moment historique, écrit l’ambassadeur au président des Etats-Unis. Nicolas Sarkozy est le président français le plus pro-américain depuis la Seconde guerre mondiale, il est actuellement le dirigeant le plus influent en Europe, et votre prestige nous offre une opportunité sans précédent de cimenter les changements positifs déjà intervenus. " M. Sarkozy est "un pragmatique brillant, impatient, non diplomate, imprévisible, charmant, innovant" pour lequel "le rapport personnel a un impact" sur la relation politique. Et que M. Sarkozy "espère un contact régulier intense" avec M. Obama.

Miroir

Si cette dernière prévision n’a pas fait la preuve de son exactitude, on peut néanmoins comprendre que les États-Unis aient trouvé un personnage en miroir dans un président aux manières un peu rudes, mal dégrossies, mais apparemment franches comme les aiment les Américains après une si longue période de conversations en coulisses, de représentations diplomatique exercées par quelque Autrichien réfugié pour urgence de survie puis longtemps après remplacé par une personnalité noire de haute science, élégante et plus intéressée par les relations générales des Américains avec le monde proche qu’avec celui plus éloigné et moins compréhensible d’une Europe trop policée « pour être honnête ».

Questionnement :

1. La pensée de la majorité surpasse-t-elle en puissance toutes les puissances que nous connaissons en Europe, écrit Tocqueville. Est-ce si vrai ?

2. Est-il vrai que quand la majorité s’est prononcée, chacun en Amérique se tait ? Pourquoi ?

3. Est-ce qu’on y reconnait un seul pouvoir dès lors que les élections ont décidé du parti qui y serait ?

4. Tocqueville prétend qu’il n’y a pas eu de grands écrivains en Amérique car la littérature exige la liberté de l’esprit qui serait absente dans ce pays. Est-ce toujours vrai près de 300 ans après la parution de cet ouvrage exceptionnel ?