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Critique de films

Woody Allen, la magie du cinéma et celle du clair de lune

lundi 3 novembre 2014, par Picospin

Dans de nombreuses cultures, les moyens mis en œuvre par la magie en tant que science occulte se placent à côté ou s’opposent à des explications rationnelles appuyées sur la science.

Science et magie

Les évolutions des connaissances scientifiques, qui donnent des explications aux phénomènes comme la foudre, les mouvements des planètes, ou les réactions chimiques ont fini par percer les mystères de la magie et mis en lumière les opérations cachées pour faire illusion. Dans sa jeunesse, Woody Allen s’était prêté avec talent et satisfaction à la réalisation de ces tours de magie. Leur réussite devant des témoins éberlués par son talent lui avait procuré une certaine réputation et promu un ascendant sur une société qui ne demandait qu’à croire dans les capacités de certains à échapper aux lois de la nature.

Transgression

Qui n’a pas eu envie au cours de sa vie d’enfreindre ces lois pour échapper aux contraintes imposées par l’emprise de la gravitation, de la politesse, de la biologie, de l’hérédité ? Si de telles transgressions aux conventions, aux habitudes, aux règles imposées par la société ont été condamnées par les plus conservateurs, beaucoup ont réussi à transformer en réalités des rêves d’enfants, maintenus à coups d’illusions, d’inventions, pour atteindre leur objectif qui était de voler, de guérir, de conquérir l’espace, de traverser les mers ou de visiter les contrées les plus étranges, les civilisations les plus surprenantes. Woody Allen est de ceux-là.

Vieillir

Il ne veut pas vieillir, il veut conserver les atouts de son éternelle jeunesse pour entrainer dans l’illusion, la poésie et les fantasmes les spectateurs conviés à le rejoindre pour vivre une vie d’émerveillement, de musique, de sonorités, de tableaux et paysages. Pour un enfant qui vient au monde dans l’espace américain du Brooklyn newyorkais, la rencontre avec un univers n’est pas une sinécure, partagée qu’elle est entre la surprise, la crainte, la nécessaire adaptation aux lois de la nature et de la société auxquelles il a su parfaitement s’adapter pour en dominer certains aspects.

Surprises

Nulle surprise qu’il ait envie de se réfugier dans un passé plus rassurant et en même temps plus dramatique tel celui réservé à certaines catégories d’êtres humains par des forces mystérieuses et agressives dans lesquelles la magie ne réside plus en tours de passe-passe mais en crimes contre l’humanité, en meurtres en série et en exterminations radicales.

Magie des casinos

Devant ces tableaux pleins de noirceur, comment ne pas avoir envie de trouver un havre de paix ou de paradis artificiel dans les résidences de la Côte d’Azur, les palaces pour fortunés, les voitures pour milliardaires, tous subterfuges indispensables à une fuite en avant, seule issue à la furie des uns, à la terreur inspirée par les autres et au chaos promis par la démence des idéologues pour l’établissement d’un ordre nouveau où la mort l’emporterait constamment sur la vie et non la vie sur la mort, où Amaterasu enfermée dans sa caverne cacherait le soleil pour répandre sur la terre l’obscurité de la mort.

Jeté sur la plage

Comment le vieux Woody pouvait-il se sortir de cette condition rencontrée sur notre globe quand il fut jeté sur lui à l’improviste n’importe où n’importe comment, n’importe quand ?